Ça suffit. Le message est passé, fort et clair, ce jeudi matin dans les quartiers de Yaoundé 7. Une semaine après le coup de gueule du ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, le sous-préfet a enfilé ses bottes. Comme ses collègues de Yaoundé 3 et 6 avant lui, il est passé des discours à l’action.
Une descente sur le terrain dès 8h
Ce jeudi 3 septembre, à 8 heures tapantes, le sous-préfet n’était pas dans son bureau. Il était dehors, aux côtés des agents de la mairie, des équipes d’HYSACAM et des chefs de quartier. L’objectif ? Aller voir, sentir et toucher du doigt le quotidien des populations. Car ici, la poubelle fait partie du paysage. Et c’est ce que le gouvernement veut changer. Désormais, le ramassage se fera deux fois par semaine, les mardis et jeudis, à 7 heures. Une nouvelle règle, et on ne lâche rien.
Trois sites noirs dans le viseur
Trois sites ont particulièrement retenu l’attention des autorités.
Le premier, tout le monde le connaît à Nkolbisson, à l’entrée de l’IRAD. C’est la montagne d’ordures du marché. Ça déborde, ça pue. Les clients et les vendeurs passent à côté tous les jours, impuissants. Pour le sous-préfet, c’est fini. « On va enlever ça, mettre une plaque et surveiller », a-t-il promis.
Le second site se trouve à Ngoulmekong, vers l’antenne CENEEMA. Au départ, ce n’était qu’un simple point de ramassage. Mais on l’a installé sur une propriété privée. Aujourd’hui, le propriétaire a fermé l’accès, des maisons ont poussé tout autour, et les ordures sont restées. Des familles vivent avec ce dépotoir au quotidien. Heureusement, la solution est déjà là, à seulement 500 mètres, au lieu-dit Le Jourdain.
Le dernier site est à Nkomassi, juste après la gendarmerie. C’est pourtant le site officiel, sur le terrain de l’État. Mais des riverains ont érigé une barricade pour empêcher le camion d’HYSACAM de passer. Résultat : les ordures s’entassent ailleurs, dans des dépôts sauvages. La barricade va être cassée dans les prochains jours. HYSACAM pourra enfin s’installer et faire son travail.
Les habitants applaudissent
À Yaoundé 7, les habitants ont accueilli le cortège par des applaudissements. Pour eux, « Yaoundé Ville Propre » n’est plus une simple phrase entendue à la radio. Ce jeudi matin, ils l’ont vu passer devant leur porte. Une preuve concrète que l’opération lancée par le président Paul Biya prend enfin corps dans les quartiers. Le ministre Atanga Nji Paul l’avait annoncé : les autorités administratives doivent descendre sur le terrain. Pari tenu pour le 7e arrondissement.


