Sorcellerie et inceste : le village de Kamelon se soulève

Kamelon, 7 août 2026 – Ils sont venus en masse. Hommes, femmes, notables et chefs coutumiers. Tous ont pris place dans le hangar communautaire de Kamelon, à 7 kilomètres de Sangmelima. Motif : mettre fin à une série de décès attribués à la sorcellerie.

L’affaire plonge ses racines dans un drame familial. Un inceste entre Amenguele Kalipha et sa cousine. De cette union interdite sont nés deux enfants. L’aîné est déjà au collège.

Cette relation a toujours choqué la famille. Le frère de la femme, Aka’a Effoua, s’y est toujours opposé.

Un décès qui ravive les tensions

Tout bascule le 3 août 2026. Amenguele Kalipha s’effondre et meurt subitement. Un malaise, selon les premiers constats.

Mais Aka’a Effoua affirme en savoir plus. Il prétend connaître la véritable cause du décès.

Saisi de l’affaire, le chef de deuxième degré du groupement Ngoe, Sa Majesté Thomas Fabrice Messele, convoque une réunion d’urgence. Autour de lui : les chefs de troisième degré, les notables et la population riveraine.

Des aveux solennels sous le hangar

Devant l’assemblée, Aka’a Effoua fait une déclaration choc. Il reconnaît, solennellement, appartenir à un gang de sorcellerie. Mieux, il affirme connaître l’origine de plusieurs décès de jeunes enregistrés dans le village.

Le chef de groupement lui ordonne alors de dévoiler les noms des membres de ce groupe mystique. Aka’a Effoua obtempère. Il cite dix personnes.

Des accusés qui se défendent

Les mis en cause rejettent en bloc ces accusations. Pour trancher, on fait appel à la Bible. Chaque suspect est invité à poser la main sur le livre sacré. Tous s’exécutent, sauf une.

Mama Lydia, septuagénaire, refuse. Elle soutient que Dieu ne permet pas de tels procédés.

Fin de réunion sous le signe de la prière

Au terme des échanges, Aka’a Effoua est conduit à la gendarmerie. La réunion s’achève par une prière de délivrance, conduite par un pasteur.

Le village de Kamelon retient son souffle. Entre tradition, foi et justice, l’affaire ne fait que commencer

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