Le pays pétrolier voit ses obligations d’État sous-performer face à ses voisins producteurs.
Le Cameroun, pays pétrolier d’Afrique centrale, traverse une période troublée. Ses investisseurs obligataires sont sur le qui-vive. L’absence prolongée du chef de l’État, Paul Biya, 93 ans, alimente toutes les spéculations. Son dernier déplacement public remonte au 7 juin dernier. Ce jour-là, on l’a vu à l’aéroport de Yaoundé avant qu’il ne prenne un vol pour Genève.
Aujourd’hui, plus de deux mois se sont écoulés. Le silence du palais présidentiel pèse lourd. Dans le contexte politique africain, une telle disparition médiatique suffit à créer un climat de suspicion. Le Cameroun n’échappe pas à cette règle. Les créanciers réclament désormais des explications claires.
Des pertes qui s’accumulent pour les investisseurs
La détention de la dette camerounaise devient de plus en plus risquée. Les investisseurs enregistrent des pertes significatives depuis la mi-juin. Les rendements des obligations ont bondi. Ils atteignent leur niveau le plus élevé depuis le mois d’avril. La dégringolade atteint près de 2 % sur la période, un record parmi les États souverains africains.
Le statut de producteur de pétrole n’a pas suffi à rassurer les marchés. D’ordinaire, la guerre au Moyen-Orient profite aux pays exportateurs d’énergie. La hausse des cours devrait mécaniquement améliorer leur santé financière.
Pourtant, le Cameroun fait exception.
Le Cameroun décroche face à ses voisins
Contrairement à ses pairs, le pays affiche une sous-performance notable. Le Gabon, la République du Congo, l’Angola et le Nigeria tirent leur épingle du jeu. Les prix élevés du brut ont resserré leurs spreads de crédit.
Le Cameroun est seul à déroger à cette tendance haussière. James Kuate, fondateur de Qantara Asset Management, observe cette situation avec attention. Pour lui, le diagnostic est clair : l’absence du président rouvre le débat sur la succession. Une perspective que les marchés financiers n’apprécient guère.
L’incertitude politique est rarement favorable aux investissements. Le temps presse désormais pour le Cameroun. Les investisseurs pourraient bientôt rendre leur propre verdict. Si la transparence n’est pas rétablie rapidement, la défiance risque de s’installer durablement.