Can Féminine : Les Lionnes en demi-finale, leurs primes toujours dans les tiroirs du MINSEP

Un budget débloqué depuis février, des primes toujours absentes

Alors que le Cameroun affronte le Maroc ce mercredi à Rabat en demi-finale de la CAN féminine, les Lionnes Indomptables et leur encadrement n’ont toujours pas perçu leurs primes de qualification pour les quarts et les demi-finales.

Le contraste est saisissant. D’un côté, des joueuses qui viennent d’écarter le Nigeria (1-0) et décroché leur billet pour la Coupe du monde 2027. De l’autre, des primes qui restent bloquées dans les circuits administratifs.

Comment expliquer ce retard ? Selon plusieurs documents administratifs largement diffusés sur les réseaux sociaux, le budget destiné à la participation du Cameroun à cette compétition a été débloqué dès février 2026. La CAN était initialement programmée en mars avant de connaître un glissement de calendrier.

Les différents courriers relatifs à la demande de déblocage et à la mise à disposition de ces fonds circulent désormais sur la toile. Ils ont été publiés notamment par des lanceurs d’alerte.

À quelques heures d’une rencontre décisive, plusieurs questions se posent avec acuité. Pourquoi les primes n’ont-elles toujours pas été versées ? Où se situe le blocage administratif ? Pourquoi le ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi, ne communique-t-il pas clairement sur la situation ?

Incompréhension et désespoir dans la tanière

Dans la tanière des Lionnes Indomptables, personne ne comprend ce qui se passe. Aucune communication officielle n’a été faite pour expliquer la situation ou rassurer les joueuses et leur encadrement.

Cette absence d’explications alimente l’inquiétude, la frustration et les interrogations. Plusieurs joueuses désespèrent même de recevoir un jour l’argent qui leur est dû. Elles ont pourtant rempli leur mission sur le terrain, franchissant successivement les différentes étapes de la compétition jusqu’au dernier carré.

Au lieu de préparer dans la sérénité l’un des matchs les plus importants de leur carrière, les Lionnes sont contraintes de s’interroger sur le sort de leurs primes. Cette situation installe un climat pesant au moment où toute leur attention devrait être portée sur la récupération et la concentration.

Comment demander aux joueuses de rester totalement concentrées sur leur mission lorsqu’elles ne savent même pas si les engagements pris à leur égard seront respectés ? Comment comprendre qu’à quelques heures d’un rendez-vous aussi important, aucune autorité ne prenne la peine de leur expliquer les raisons de ce retard ?

Le spectre du détournement plane sur les fonds

Dans la tanière, l’incompréhension cède progressivement la place au découragement et à la suspicion. Face au silence des autorités, plusieurs personnes dans l’entourage de la sélection évoquent une possible tentative de détournement ou de rétention des fonds.

Ce soupçon est alimenté par le contraste entre le déblocage du budget depuis plusieurs mois et l’absence persistante de paiement. Si l’argent a été mis à disposition depuis février 2026, pourquoi les bénéficiaires ne l’ont-ils toujours pas reçu ? Où se trouve cet argent ? Qui le détient actuellement ?

C’est précisément au MINSEP qu’il revient de dissiper cette suspicion en publiant des explications claires. Le silence ne fait qu’accentuer le malaise et renforcer la conviction de ceux qui redoutent une opération visant à soustraire une partie de ces fonds à leurs véritables bénéficiaires.

Des primes de participation également versées tardivement

Autre curiosité : selon les informations portées à notre connaissance, les primes de participation ont été versées aux joueuses une semaine après le début de la CAN, à la veille du deuxième match du Cameroun. Pourtant, ces primes sont habituellement versées avant le début de la compétition.

Ce retard est difficilement compréhensible au regard des performances remarquables des joueuses dirigées par Valentine Nguélé. Il intervient surtout à un moment où les Lionnes ont besoin de sérénité, de reconnaissance et du soutien total des pouvoirs publics.

Après l’élimination du Cameroun de la Coupe du monde masculine 2026, dont la gestion a suscité de nombreuses critiques, le MINSEP prendra-t-il le risque de perturber le moral des Lionnes, désormais à deux victoires d’un premier sacre continental ?

Le Minsep sommé de s’expliquer en toute transparence

Il appartient au ministère des Sports de préciser la date à laquelle les fonds ont été reçus, le montant mis à disposition et l’utilisation qui en a été faite. Toute affectation d’une partie de ces fonds à d’autres dépenses doit également être justifiée. Dans le cas contraire, les soupçons de mauvaise gestion ou de détournement ne pourront que s’amplifier.

À quelques heures d’une demi-finale historique, les Lionnes Indomptables ne devraient pas avoir à réclamer ce qui leur revient. Elles ont rempli leur part du contrat sur le terrain. Il revient maintenant aux autorités de respecter leurs engagements et de leur permettre d’aborder cette rencontre capitale dans les meilleures conditions.

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