Un gigantesque chantier s’ouvre sur l’axe reliant les régions de l’Adamaoua et du Nord. Ce 10 août 2026, les travaux de reconstruction de la route Ngaoundéré-Garoua ont été officiellement lancés. Un projet d’envergure porté par une enveloppe de 222,8 milliards de FCFA.
Ce financement colossal est le fruit d’un partenariat entre l’État du Cameroun et la Banque Africaine de Développement (BAD). Il s’inscrit dans la quatrième phase du Programme d’Appui au secteur des Transports (PAST). Mais bien plus qu’une simple réhabilitation, ce programme a été pensé comme un levier de développement inclusif.
Un axe stratégique pour le commerce régional
est un maillon essentiel du corridor économique Douala-Ndjamena. Longue de 242 kilomètres, elle relie le plateau de l’Adamaoua aux plaines du Nord. Pourtant, son état dégradé rendait la circulation difficile et alourdissait les coûts de transport.
Aujourd’hui, la donne change. La reconstruction de l’axe est la pièce maîtresse du projet. Les travaux sont découpés en cinq lots distincts. Quatre d’entre eux ont déjà été attribués à des entreprises comme CGCOC GROUP, CHEC, CFHEC et CWE.
Au-delà du bitume, un projet aux multiples facettes
Les 222 milliards de FCFA ne servent pas qu’à asphalter la route. L’enveloppe est déclinée en une vingtaine d’actions complémentaires. L’objectif est clair : faire de cette infrastructure un moteur de transformation pour les populations locales.
D’abord, le volet routier est étoffé. Il prévoit la construction de 15 kilomètres de voiries urbaines dans des villes comme Ngaoundéré et Mbé. Il inclut aussi la réhabilitation de routes de désenclavement dans le bassin agro-pastoral du Nord, sur près de 140 kilomètres. Dans l’Adamaoua, ce sont 163 kilomètres de routes secondaires qui seront réhabilités.
Ensuite, le programme mise sur l’humain. Des infrastructures socioéconomiques vont voir le jour dans les départements de la Vina, du Faro, du Mayo Rey et de la Bénoué. Des centres de collecte et de commercialisation seront construits pour soutenir les jeunes et les femmes. Par ailleurs, les populations riveraines bénéficieront d’une formation aux gestes de premiers secours.
Sécurité routière et protection de l’environnement
La sécurité est également au cœur des préoccupations. Le ministère des Transports va acquérir des radars embarqués pour contrôler les vitesses. Un système d’information géographique sur la sécurité routière sera également mis en place.
Parallèlement, le projet intègre une dimension environnementale. Un appui est prévu pour la conservation de la biodiversité du parc de la Bénoué. Des stations météorologiques seront construites à Ngaoundéré et Garoua.
Un coup de pouce pour le transport fluvial et l’innovation
Le programme ne néglige pas les autres modes de transport. Une étude sera menée pour optimiser l’exploitation du port fluvial de Garoua et la navigabilité du fleuve Bénoué. L’acquisition d’une drague est également prévue.
Enfin, l’enseignement supérieur est associé à la dynamique. Des études architecturales et techniques sont lancées pour la construction du pôle technologique de l’École de Génie chimique et minérale (EGCIM) de l’Université de Ngaoundéré. L’objectif est de former une main-d’œuvre qualifiée pour les futurs besoins du corridor.
Un financement massif pour un avenir meilleur
La BAD assure 97 % du coût total du programme, soit environ 330 millions d’euros. Le gouvernement camerounais contribue à hauteur de 9,14 millions d’euros. Ce désengagement financier témoigne de l’importance stratégique du projet pour les autorités.
Ce vaste chantier, qui s’étendra sur plusieurs années, promet de désenclaver les bassins de production de l’Adamaoua. Il réduira les temps de transport et facilitera le commerce transfrontalier. La route Ngaoundéré-Garoua n’est pas qu’une ligne sur une carte. C’est le symbole d’une nouvelle ère pour le Nord-Cameroun, où développement économique et progrès social marchent main dans la main.





