Yaoundé étouffe sous ses déchets

 

De nouveaux amas d’ordures envahissent les rues de la capitale. À Biyem-Assi et Nsimeyong, les déchets débordent sur la chaussée. Circulation bloquée, accès coupé, odeurs nauséabondes : les riverains tirent la sonnette d’alarme.

Des « murs de déchets » dans les quartiers

À Biyem-Assi, des montagnes de sacs-poubelle s’imposent sur la route, notamment à la Montée Maison Blanche. À Nsimeyong et Damas, les axes sont rétrécis par les immondices.

Même scène à Essomba et Nlongkak. Les trottoirs et les abords des bacs publics débordent continuellement. Les marchés d’Etoudi et de Mfoundi étouffent sous des tonnes de résidus.

La situation dure depuis plusieurs semaines. Les habitants s’inquiètent des risques sanitaires et d’accidents.

Ramassage à l’arrêt : les causes du blocage

Pourquoi cette accumulation ? Les riverains pointent des perturbations dans la collecte. Les raisons avancées concernant un opérateur du secteur restent à confirmer.

Mais le problème est plus profond. Yaoundé produit près de 3 000 tonnes de déchets par jour. Seule la moitié est collectée et traitée.

Les dettes de l’État et de la Communauté urbaine envers les opérateurs comme Hysacam paralysent régulièrement les rotations de camions. Les retards de renouvellement des contrats bloquent aussi le déploiement de nouveaux prestataires.

Où sont passés les bacs à ordures ?

Face à cette crise, deux questions reviennent : où sont passés les bacs à ordures ? Quelles mesures seront prises durablement ?

Le manque de bacs de proximité pousse les habitants à jeter leurs déchets à même le sol. En février 2026, les autorités avaient même retiré les bacs visibles sur les grands axes. Une mesure censée améliorer l’image de la ville, mais qui a aggravé la situation.

Des opérations coup de poing insuffisantes

En mars 2026, la mairie de Yaoundé VI a mené une « opération coup de poing » face à une « situation catastrophique ». Objectif : soulager les populations.

Mais ces actions restent ponctuelles. Le gouvernement a lancé « Yaoundé ville propre » avec le recrutement de milliers de jeunes. Pourtant, sans évolution des comportements et sans renforcement durable des capacités des opérateurs, la capitale risque de rester une « poubelle à ciel ouvert ».

Une urgence sanitaire et sociale

Les habitants brûlent parfois les déchets pour limiter leur avancée. Une pratique dangereuse qui expose aux fumées toxiques.

La saison sèche aggrave les risques : les mouches se multiplient et transportent les bactéries. « On ne peut pas continuer comme ça », s’indigne un riverain.

La capitale camerounaise étouffe. Les autorités doivent agir vite. Avant que la situation ne devienne ingérable.

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