Matricide à Yaoundé : le jeune diplômé de l’ENAM condamné à mort

Un crime d’une rare barbarie a trouvé son épilogue judiciaire. Deux ans après les faits, la justice camerounaise a rendu son verdict.

Le Tribunal de grande instance du Mfoundi a prononcé une lourde peine. Batek Yebel Landry, 25 ans, a été condamné à la peine capitale. Ce jeune secrétaire d’administration, fraîchement diplômé de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM), est reconnu coupable de l’assassinat de sa mère.

Les faits remontent à avril 2024. Ils avaient plongé le Cameroun dans l’effroi.

Un corps découpé et jeté dans un ruisseau

La victime s’appelle Sylvie Louisette Ngo Yebel. Elle avait 47 ans. Cette journaliste de formation était experte en communication à la COMIFAC.

Le drame s’est noué dans le quartier Damas, à Yaoundé. Une dispute a éclaté entre la mère et son fils. Louisette s’inquiétait de la disparition de meubles qu’elle avait offerts à son enfant.

La querelle a dégénéré. Batek Yebel Landry a alors étouffé sa mère avec une taie d’oreiller.

L’horreur ne s’est pas arrêtée là. Le jeune homme a découpé le corps de sa mère à l’aide d’une scie à métaux. Il a procédé à ce macabre démembrement dans la douche du domicile familial.

Il a ensuite placé les restes dans deux valises. Il les a abandonnées dans un cours d’eau, à Etoa-Meki. Pour brouiller les pistes, il a sollicité l’aide d’un ami pour abandonner le véhicule de sa mère à Soa.

L’aveu sous l’emprise de « mauvais esprits »

L’enquête a rapidement orienté les soupçons vers le fils. Les images de vidéosurveillance ont confirmé sa trajectoire.

Lors de la reconstitution, Batek Yebel Landry a livré un récit glaçant. Il a avoué son forfait. Mais il a invoqué une influence surnaturelle pour expliquer son geste.

« Ce n’est pas moi-même qui fait ça, c’est un esprit qui me possède », a-t-il déclaré. Il a affirmé avoir agi sous l’emprise de « mauvais esprits » ou de « forces mystiques ».

Un soupçon de double meurtre

L’affaire ne s’arrête pas à ce seul crime. Selon des sources familiales et des éléments de l’enquête, Batek Yebel Landry serait également impliqué dans un autre meurtre.

Il est soupçonné d’avoir tué sa propre grand-mère, en novembre 2023. Ce crime aurait été couvert à l’époque par sa mère, la journaliste. Le jeune homme aurait agi pour s’emparer de l’argent de sa grand-mère et se livrer à des paris.

La peine de mort, une décision symbolique ?

La condamnation à mort a été prononcée. Mais quelle est sa portée réelle au Cameroun ?

La peine de mort est toujours prévue par le Code pénal camerounais. Cependant, son application est suspendue depuis de nombreuses années. Le Cameroun n’a procédé à aucune exécution depuis 1997.

Des condamnations continuent d’être prononcées, mais elles restent théoriques. La condamnation de Batek Yebel Landry pourrait faire l’objet d’une grâce présidentielle.

Le drame a profondément choqué la nation. Il soulève des questions sur la santé mentale et les défaillances du système judiciaire.

Repose en paix, brave dame.

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