Les ONG sommées de renoncer aux tenues militaires et aux insignes de l’ONU.

Le ministère de l’Administration territoriale a signé ce 21 juillet un arrêté interdisant aux organisations à but non lucratif le port d’uniformes et d’insignes pouvant être confondus avec ceux des forces de défense et de sécurité ou du système des Nations Unies. Un délai de quinze jours est accordé pour la remise des effets concernés.

Yaoundé, 21 juillet 2026 – Le gouvernement camerounais a franchi un nouveau pas dans le encadrement des activités des organisations non gouvernementales sur son territoire. Par un arrêté signé ce mardi, le ministre de l’Administration territoriale interdit désormais « sur toute l’étendue du territoire national » le port et la détention, par les membres des organisations à but non lucratif (OBNL), de tenues, attributs, insignes ou signes distinctifs « semblables à ceux des Forces de Défense et de Sécurité et du Système des Nations Unies ».

La mesure vise en particulier les équipements de type « militaire » que certaines ONG utilisent lors de leurs opérations sur le terrain, notamment dans les zones d’intervention sensibles. L’arrêté, dont l’application est immédiate, accorde un délai de quinze jours aux dirigeants des structures concernées pour déposer ces effets auprès des autorités administratives territorialement compétentes. Passé ce délai, les contrevenants s’exposent à des poursuites judiciaires.

Une décision qui interroge les acteurs humanitaires

Cette mesure a suscité des réactions contrastées dans le milieu associatif camerounais. Si certaines organisations y voient une volonté de clarifier les rôles et d’éviter toute confusion sur le terrain, d’autres s’interrogent sur les implications pratiques de cette interdiction, notamment dans les régions où les acteurs humanitaires évoluent aux côtés des forces de sécurité dans des contextes d’urgence sécuritaire.

« Dans les zones où les risques sont élevés, les tenues de protection et les équipements de visibilité sont essentiels pour la sécurité de nos équipes. Il faudra trouver un équilibre entre cette nouvelle réglementation et les impératifs opérationnels », confie un responsable d’une ONG internationale basée à Yaoundé, sous couvert d’anonymat.

Un cadre juridique renforcé

L’arrêté s’appuie sur plusieurs textes fondamentaux, dont la Constitution, la loi relative à la liberté d’association de 1990, ainsi que le décret portant organisation du ministère de l’Administration territoriale. Il charge les gouverneurs de région, les préfets et les sous-préfets de veiller à son application sur le terrain. Le texte sera enregistré selon la procédure d’urgence et publié au Journal officiel en français et en anglais.

Cette décision s’inscrit dans un contexte où les autorités camerounaises multiplient les initiatives visant à encadrer plus strictement les activités des ONG, notamment dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, théâtres d’une crise sociopolitique persistante depuis 2016, ainsi que dans l’Extrême-Nord, confronté aux attaques de Boko Haram.

Reste à savoir comment les organisations concernées s’adapteront à cette nouvelle donne réglementaire, alors que certaines d’entre elles utilisent depuis des années des équipements de type militaire pour des raisons de sécurité et de visibilité sur le terrain. Les quinze prochains jours seront déterminants pour la mise en conformité des acteurs humanitaires présents au Cameroun.

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