Démission du président bangladais Mohammad Shahabuddin pour raisons de santé

Dacca – Âgé de 76 ans, le chef de l’État bangladais a officialisé son départ ce vendredi 24 juillet, invoquant une altération de ses capacités physiques et mentales. Proche allié de l’ancienne Première ministre Sheikh Hasina, évincée du pouvoir il y a deux ans, Mohammad Shahabuddin quitte ainsi ses fonctions protocolaires.

Interrogé par l’Agence France-Presse, le président sortant a confirmé sa décision sans fournir de détails supplémentaires sur les circonstances exactes de ce retrait soudain. « Oui, j’ai démissionné », a-t-il sobrement déclaré à notre correspondant.

Une incapacité reconnue dans un document officiel

Dans la lettre de démission adressée au président de la chambre basse du Parlement – dont l’AFP a obtenu une copie – M. Shahabuddin écrit que son état de santé dégradé, touchant à la fois ses facultés physiques et cognitives, l’empêche désormais « d’exercer correctement » ses responsabilités. Ce constat médical met un terme à un mandat entamé en 2023, lors de son élection par l’assemblée législative.

Un rôle clé dans la chute de Sheikh Hasina

Bien que sa fonction fût essentiellement cérémonielle, le président démissionnaire avait occupé le devant de la scène politique en août 2024. C’est en effet lui qui avait officiellement annoncé la démission de Sheikh Hasina et sa fuite précipitée vers l’Inde voisine, au plus fort des émeutes antigouvernementales sévèrement réprimées par les forces de sécurité.

Depuis cette crise majeure, les adversaires politiques de M. Shahabuddin réclamaient régulièrement son départ, estimant qu’il incarnait la continuité de l’ancien régime.

Une transition politique déjà actée

Après la parenthèse de l’intérim dirigé par le prix Nobel de la paix Muhammad Yunus, le paysage politique bangladais a connu un bouleversement en février dernier. Le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) a remporté les élections législatives, portant son chef, Tarique Rahaman, à la tête du gouvernement. La démission du président intervient donc dans un contexte de consolidation des nouvelles institutions, bien que le poste présidentiel demeure largement honorifique.

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