Yaoundé – Le président de la République, Paul Biya, a signé le décret n° 2026/259 du 28 juillet 2026, officialisant le passage à la retraite du général de division Tchemo Hector Marie. L’officier supérieur rejoint désormais la deuxième section des officiers généraux des forces de défense, ce qui met un terme à plus de six décennies de carrière active au sein de l’armée camerounaise.
Conformément à ce texte, le haut gradé conserve son rang ainsi que ses prérogatives protocolaires, notamment le port de l’uniforme lors des cérémonies officielles. Il continuera par ailleurs à bénéficier de l’intégralité des avantages sociaux et financiers prévus par la réglementation en vigueur. Le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense et le ministre des Finances sont conjointement chargés de l’exécution de cette mesure.
Un parcours façonné par les grandes écoles militaires françaises
Né en 1942 à Baham, dans la région de l’Ouest, le général Tchemo appartient à cette génération d’officiers formés au lendemain des indépendances. Ancien élève du Collège Liberman de Douala (promotion 1962), il intègre l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1964, au sein de la promotion « Corse et Provence ». Il complète sa formation à l’École de guerre de Paris en 1991, puis à l’Institut international de droit humanitaire de San Remo, en Italie.
Tout au long de son parcours, il a occupé des postes stratégiques. Il fut notamment commandant de la Force multinationale de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (FOMAC) en 2009, avant d’être nommé chef d’état-major adjoint des armées. Promu major général, il assurait, au sein de l’état-major général, la coordination administrative quotidienne et représentait le chef d’état-major en son absence.
Un départ dans un contexte de recomposition du commandement
Cette mise à la retraite intervient à un moment sensible pour la hiérarchie militaire camerounaise. Le chef d’état-major des armées, le général René Claude Meka, âgé de 87 ans, est en effet éloigné des affaires courantes pour des raisons de santé. Le départ du numéro deux de l’armée soulève dès lors des interrogations sur la chaîne de commandement et ouvre la voie à une nécessaire recomposition du haut commandement.
À ce jour, aucun remplaçant n’a encore été désigné pour occuper le poste de major général, laissant planer le doute sur l’organigramme des forces de défense dans les semaines à venir.