Comment le nom de Samuel Eto’o sauve des migrants camerounais en Libye

C’est une histoire hors du commun. Une lueur d’espoir dans l’enfer migratoire. Le témoignage de Paola, une Camerounaise vivant désormais en Italie, est un vibrant hommage à la puissance d’un nom. Pour elle, une légende de la dimension de Samuel Eto’o est une bénédiction pour le Cameroun.

Un appel chargé de sanglots depuis l’Italie

Ce matin, le téléphone de David Eboutou a vibré. Un message d’une compatriote, resté sans réponse. Puis son insistance l’a convaincu de l’écouter. Au bout du fil, la voix de Paola était brisée par les sanglots. Elle voulait partager un souvenir gravé à jamais dans sa mémoire.

Son récit commence en 2016. Paola était une mère célibataire, diplômée mais sans emploi. Désespérée, elle a pris la route du désert avec un couple et leur nourrisson de deux semaines, rejoints par deux sœurs et un jeune homme. Le périple fut terrible. Le père du bébé n’a pas survécu à la traversée du Sahara.

Le cauchemar de la traversée du désert

Après des semaines d’errance, le petit groupe est tombé sur des passeurs. Ces derniers les ont dépouillés de leurs économies. Au lieu de la liberté, ils ont découvert l’horreur. Leur destination était un centre de détention clandestin à Sabratah, en Libye.

Paola a vu l’indicible. Entassés avec un millier d’autres migrants, ils ont subi viols, bastonnades et humiliations. La faim était leur compagne quotidienne. Pour survivre, ils se nourrissaient de riz pilé et de pain rassis. Leurs bourreaux les contraignaient à appeler leurs familles pour extorquer de l’argent. Ceux qui ne pouvaient pas payer étaient exécutés froidement.

Le tournant miraculeux : la question du chef

Un jour, après quatre semaines de calvaire, le chef de la milice est venu faire sa ronde. D’un ton menaçant, il a demandé d’où ils venaient. C’est à ce moment que le destin a basculé. Paola, comme poussée par une force divine, s’est levée. « Nous sommes du Cameroun », a-t-elle répondu avec allégeance, évoquant leur famille modeste et leurs économies perdues.

À ces mots, le visage du milicien s’est illuminé. Il a chuchoté à ses hommes. L’un d’eux s’est alors tourné vers Paola : « Connaissez-vous Samuel Eto’o ? ». Sans hésiter, elle a répondu : « C’est notre frère. Notre cousin. Nous sommes du même village ».

Immédiatement, le chef s’est mis à scander le nom de la star du football. « Samuel Eto’o ! Samuel Eto’o ! », a-t-il répété, comme pour conjurer le sort. En quelques minutes, le cauchemar prenait fin.

« Samuel Eto’o ! » : Le nom qui a tout changé

Paola et ses amis ont été extirpés du centre. On leur a rendu leurs effets personnels. Le chef milicien a exigé qu’ils soient convoyés sains et saufs jusqu’à Tripoli.

Aujourd’hui, la vie de Paola est un succès. Elle est devenue une haute fonctionnaire en Italie. De plus, elle a créé une structure au Cameroun qui emploie une dizaine de personnes. Ses compagnons d’infortune ont également rebondi. Le jeune homme vit à Londres, les deux sœurs se sont installées en France et la mère du nourrisson, aujourd’hui âgé de huit ans, s’est récemment mariée en Allemagne.

Avant de conclure, Paola m’a lancé une question rhétorique. « Quel nom de membre du gouvernement camerounais aurais-je pu donner pour espérer avoir la vie sauve ? », demande-t-elle. Sa réponse est sans appel. « C’est Samuel Eto’o qui nous a sauvés. Je ne comprends pas cet acharnement contre cet homme que Dieu nous a donné. Qu’il sache que des gens comme moi prient pour lui. »

Ce témoignage est une preuve éclatante que l’aura de Samuel Eto’o dépasse largement les terrains de football. Pour ces migrants, son nom était un sésame, un bouclier contre la barbarie. Un symbole de fierté nationale qui, à un moment critique, a été plus puissant que les armes. Que Dieu veille sur Samuel Eto’o.

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