Accusations contre Infantino : la voix qui dérange venue d’Afrique.

Constant Omari a brisé le silence. L’ancien président par intérim de la CAF et ex-membre du conseil de la FIFA a livré des déclarations explosives au Monde. Ses propos, repris fin août 2026 par Ouest-France, visent directement Gianni Infantino.

Le constat est sans appel. « Il a réussi à avoir des dossiers compromettants sur toutes les fédérations », affirme Omari. Selon lui, le président de la FIFA détient des informations sensibles sur chaque dirigeant. Un véritable arsenal de pression.

Un système de peur et de dépendance

Les accusations ne s’arrêtent pas là. Omari dénonce une mainmise totale sur les instances disciplinaires et éthiques de la FIFA. « Il a la main sur le disciplinaire et l’éthique. Selon ses besoins, il ferme et ouvre les yeux», accuse-t-il.

Un ancien président de fédération africaine, resté anonyme, confirme ces craintes. « Les présidents en ont marre de Gianni, mais ils ont peur car il a des dossiers sur tous les votants».

La « corruption morale » au cœur du système

Omari va plus loin. Il appelle les fédérations africaines à « cesser de céder à une forme de corruption morale». Cette corruption morale, c’est la dépendance financière. Sans les aides de la FIFA, les pays les plus pauvres peinent à développer leur football.

Le dirigeant congolais est catégorique : « Cet argent, généré par les compétitions de la FIFA, n’appartient pas à Infantino mais aux 211 fédérations membres ».

Pourquoi l’Afrique soutient-elle encore Infantino ?

La question est au cœur de l’enquête du Monde intitulée « L’Afrique, dernier rempart d’un Gianni Infantino contesté de toutes parts».

Alors que l’UEFA, la CONCACAF et l’AFC réclament son départ, la CAF reste officiellement dans le camp du Suisse. Comment expliquer ce soutien ?

La peur et l’argent

Deux facteurs expliquent cette situation. D’abord, la peur. Les dirigeants africains redoutent des représailles. Ensuite, la dépendance financière. Les subventions de la FIFA sont vitales pour de nombreuses fédérations.

Omari pointe du doigt un système bien rodé. Il accuse Infantino d’avoir pris le contrôle de la CAF et d’avoir cherché à maîtriser les 54 voix africaines au sein de la FIFA. Une stratégie payante alors que les élections approchent.

Dans les coulisses : qui tire vraiment les ficelles ?

Constant Omari dénonce un réseau d’influence. Il cite le Marocain Fouzi Lekjaa et l’Égyptien Abou Hani Redan, tous deux membres du conseil de la FIFA. Des alliés précieux pour Infantino.

L’histoire récente du football congolais illustre cette mainmise. Après le départ d’Omari, Véron Mosengo-Omba, proche allié d’Infantino, a été porté à la tête de la Fédération congolaise. Un ancien responsable des associations membres de la FIFA à Zurich, parachuté par Infantino comme secrétaire général de la CAF.

Une gouvernance basée sur la compromission

Omari, ancien allié de Issa Hayatou, connaît les rouages du pouvoir. Il affirme avoir vu le système de l’intérieur et le conteste publiquement.

« En a-t-il le courage ou craint-il d’être mis en minorité ? », interroge-t-il à propos d’Infantino. Une question qui résonne alors que le président de la FIFA brigue un quatrième mandat.

Un contexte de crise mondiale

Ces accusations s’inscrivent dans un climat de défiance. L’échec du projet « FIFA Forward Enterprise » a fragilisé Infantino. Ce projet visait à ouvrir la Coupe du monde à des investisseurs privés.

L’UEFA a annoncé son intention de porter plainte. Une lettre ouverte de l’UEFA, de la CONCACAF et de l’AFC accuse la FIFA de « rupture fondamentale de confiance » et de « tromperie ».

Le tableau des accusations

 

Accusation

 Cible

Conséquence

Dossiers compromettants Fédérations nationales Climat de peur et dépendance
Contrôle disciplinaire/éthique Instances internes FIFA Justice sélective selon intérêts
Corruption morale Fédérations africaines Justice sélective selon intérêts

Les élections du 18 mars 2027 à Rabat s’annoncent cruciales. Pour l’instant, Infantino est le seul candidat. Mais les accusations de Constant Omari pourraient changer la donne. L’Afrique, dernier rempart du président de la FIFA, est-elle en train de vaciller ?

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