Congelcam S.A. monte au créneau : entre accusations de monopole et risque de pénurie.

Point de presse du jeudi 15 octobre 2026
Congelcam brise le silence

Ce jeudi 15 octobre 2026, la société CONGELCAM S.A. a convié la presse nationale et internationale à Douala. L’objectif affiché est clair : rétablir sa vérité. Depuis plusieurs années, l’entreprise fait face à des accusations récurrentes. Elle veut y répondre chiffres en main.

Joseph Flavien Kankeu, Responsable de la Communication, a ouvert la conférence. Il a posé le cadre d’emblée. « Il est devenu indispensable de rétablir les faits », a-t-il déclaré. L’entreprise souhaite dissiper ce qu’elle appelle des « contrevérités ». Elle entend éclairer l’opinion publique sur sa réalité et ses difficultés.

Congelcam contre-attaque

Le premier point abordé concerne le prétendu monopole. L’entreprise balaie cette allégation d’un revers de main. Selon ses dirigeants, le marché camerounais du poisson compte de nombreux acteurs. Ils citent les chiffres du ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales. Environ 34 opérateurs ont reçu des avis techniques d’importation. La concurrence existe donc bel et bien.

Pourtant, CONGELCAM reconnaît une réalité. Tous les opérateurs agréés n’ont pas la même capacité opérationnelle. Disposer d’une autorisation ne signifie pas disposer des moyens financiers et logistiques. L’entreprise affirme que sa position dominante résulte de ses investissements massifs et de ses infrastructures de stockage. Elle rejette l’idée d’un monopole de fait.

Congelcam, Une création des pouvoirs publics? La réponse est non

La deuxième accusation porte sur l’origine de l’entreprise. CONGELCAM serait-elle une création des pouvoirs publics ? La réponse est un non catégorique. L’entreprise rappelle son histoire. Elle est le fruit du travail d’un entrepreneur indépendant : le sénateur Sylvestre Ngouchinghe.

Engagé dans le secteur depuis 1982, il a bâti son entreprise à force de persévérance. « Derrière le développement de cette entreprise, il y a des années d’efforts », insiste la direction. Réduire ce parcours à une fabrication publique revient à nier les risques pris et les sacrifices consentis. CONGELCAM conteste également tout privilège indu lié à des relations supposées avec l’État.

Le paradoxe: Pressions et redressements

Le point de presse a pris une tournure plus grave. CONGELCAM affirme subir des pressions administratives, fiscales et portuaires depuis près d’une décennie. Un paradoxe selon l’entreprise, souvent présentée comme protégée par l’État. Les chiffres avancés sont lourds.

En 2018, la CONAC a accusé l’entreprise d’un non-paiement de droits de douane de 32 milliards de FCFA. CONGELCAM conteste. Elle affirme que le poisson était exonéré entre 2008 et 2016. L’entreprise a saisi la justice. Mais à ce jour, aucune décision définitive n’a été rendue. Ce silence judiciaire pèse sur son image.

Des redressements fiscaux successifs

Ensuite, les redressements fiscaux se sont accumulés. CONGELCAM cite trois exercices. 2,2 milliards en 2020. 3,2 milliards en 2022. Puis 6 milliards en 2024. Ces procédures ont mobilisé des ressources considérables. L’entreprise dénonce un traitement disproportionné. Elle réclame une administration prévisible et équitable pour tous les opérateurs.

L’affaire des 510 conteneurs

L’année 2023 marque un épisode douloureux. 510 conteneurs de poisson sont débranchés au Port autonome de Douala. Les circonstances restent floues selon CONGELCAM. Le résultat est catastrophique. La destruction des marchandises a occasionné une perte estimée à 13 milliards de FCFA.

L’entreprise a saisi la justice. Elle affirme avoir versé plus d’un milliard de FCFA de consignation. Pourtant, la procédure stagne. CONGELCAM demande des explications. Elle veut que les responsabilités soient établies.

Des conséquences bancaires en chaîne

Ces pertes ont eu des répercussions en cascade. En 2025, CONGELCAM a perdu son statut d’entreprise de grand standing auprès de la COBAC. Conséquence immédiate : la perte de facilités bancaires. L’entreprise a dû fournir des efforts considérables pour retrouver ce statut en 2026. Cette fragilisation financière réduit sa capacité à importer et à approvisionner le marché.

L’équité en question

CONGELCAM soulève un autre problème : l’équité fiscale et douanière. Selon l’entreprise, une trentaine d’opérateurs bénéficient d’autorisations pour importer plus de 300 000 tonnes par an. Plus grave, certains bénéficieraient de décotes de droits de douane de 25 à 30 %. CONGELCAM affirme ne pas bénéficier des mêmes conditions.

L’entreprise dénonce aussi des erreurs dans les chiffres officiels. Lors des cérémonies de récompense, les droits de douane de CONGELCAM ont été sous-évalués. Pour 2025, 14 milliards ont été annoncés. L’entreprise affirme avoir payé 24 milliards. « Nous avons assisté ahuris à ce cinéma », lance la direction. Elle demande une vérification des données.

Vers une pénurie de poisson ?

La dernière partie du point de presse concerne le consommateur. CONGELCAM alerte sur un risque de pénurie. Les quotas d’importation ont été fortement réduits. En 2025, l’entreprise a importé 200 000 tonnes. Pour 2026, elle avait demandé le maintien de ce niveau. Le ministère n’a accordé que 100 000 tonnes.

Cette réduction de moitié a épuisé les stocks en sept mois. Le 18 septembre 2026, CONGELCAM a demandé un réajustement de 100 000 tonnes. Elle n’a obtenu que 30 000 tonnes supplémentaires. Un volume insuffisant. L’entreprise estime qu’il sera épuisé en deux mois. Elle pointe du doigt le calcul de la SGS, qui aurait inclus des déclarations expirées.

Des capacités de stockage inexploitées

CONGELCAM dispose pourtant d’infrastructures. L’entreprise possède une capacité de stockage de 104 000 tonnes à Douala. Un nouvel entrepôt de 10 000 tonnes ouvrira à Kribi. Mais ces investissements sont inutiles sans autorisations d’importation suffisantes. Les entrepôts ne peuvent pas se remplir sans marchandises.

L’alerte pour les fêtes

CONGELCAM lance un avertissement solennel. Si rien ne change, les étals seront dégarnis dès fin novembre 2026. Les fêtes de fin d’année se dérouleront sous tension. Une pénurie et une hausse des prix sont à craindre. Le problème pourrait persister jusqu’en mars 2027.

Pourquoi ? L’importation de poisson prend du temps. Entre la commande et l’arrivée des marchandises, il faut compter un à trois mois. Chaque retard administratif a donc un impact direct sur le marché.

Un appel à la responsabilité

Face à ce constat, CONGELCAM appelle les pouvoirs publics à agir. L’entreprise demande un réexamen diligent de son quota. Elle veut une clarification des modalités de calcul. Elle plaide pour une meilleure anticipation des délais et une équité de traitement entre opérateurs.

« L’enjeu dépasse les intérêts d’une entreprise », rappelle la direction. Il concerne les consommateurs, les commerçants et la stabilité du marché. CONGELCAM prévient : elle ne saurait être tenue responsable d’une pénurie si les conditions d’approvisionnement ne sont pas réunies.

Rétablir les faits

En conclusion, CONGELCAM martèle trois messages. Premier point : l’entreprise conteste fermement les accusations de monopole et de privilèges. Elle demande un débat basé sur des faits vérifiables. Deuxième point : elle exige l’équité de traitement face aux pressions administratives et judiciaires. Troisième point : elle alerte sur le risque de pénurie imminente.

La démarche n’est pas une confrontation, assure la direction. C’est un appel à la transparence et au dialogue. Depuis 1982, l’aventure entrepreneuriale de Sylvestre Ngouchinghe s’inscrit dans la durée. CONGELCAM veut poursuivre ses activités. Mais elle prévient : aucune entreprise ne peut survivre sans conditions réglementaires stables.

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