Projet villes et gestion foncière durables : le Mindcaf et la Banque mondiale évaluent l’avancement des activités.

Le jeudi 15 octobre 2026, à Yaoundé, le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, Henri Eyebe Ayissi, a reçu une délégation de la Banque mondiale. Cette rencontre s’inscrit dans la deuxième mission d’appui au Projet Villes et Gestion Foncière Durables (PVGFD). Les deux parties ont examiné les progrès. Elles ont aussi pointé les difficultés. Objectif : accélérer l’exécution des activités.

Le projet affiche un financement annoncé de 200 millions de dollars américains, soit environ 176 milliards de FCFA. Il vise trois priorités. D’abord, améliorer les infrastructures urbaines. Ensuite, renforcer la résilience climatique. Enfin, moderniser les services fonciers. Le ministère de l’Habitat et du Développement urbain (MINHDU) pilote le programme. La Banque mondiale l’accompagne. Le MINDCAF intervient sur le volet foncier. Le projet s’étend sur six ans, jusqu’au 30 juin 2031. Yaoundé et Douala sont les principales villes concernées.

Le foncier, cœur de la réforme

Au cœur du dispositif, une composante est consacrée à l’administration foncière. Sa dotation annoncée atteint 20 millions de dollars. Elle appuie le MINDCAF dans plusieurs chantiers. Il s’agit de préparer la réforme foncière et domaniale. Il faut aussi moderniser les procédures. Et sécuriser les droits fonciers.

Le Document de Politique Nationale Foncière et Domaniale reste la priorité. Sa version révisée intègre les observations de la Banque mondiale. La deuxième session de la Plateforme multi-acteurs de concertation l’a examinée les 30 septembre et 1er octobre 2026. Prochaine étape : sa validation, puis sa transmission aux services du Premier ministre.

En parallèle, le programme prévoit un Système d’information foncière. Il mise sur la digitalisation des services. Il inclut l’achat d’équipements cadastraux. Et il prévoit la production d’orthophotos. Et il finance aussi des bâtiments d’archives foncières aux normes à Yaoundé et à Douala. Sur ce point, les parties ont approuvé les termes de référence des études techniques et architecturales le 13 octobre 2026. À Douala, le site destiné au bâtiment d’archives est déjà libre.

Des infrastructures urbaines en retard

Le PVGFD ne se limite pas au foncier. Il porte aussi des investissements urbains. Voiries structurantes, voies de proximité, ouvrages de drainage : les chantiers sont nombreux. Pourtant, les chiffres présentés lors de la mission révèlent un décalage. Les travaux hérités du Projet de développement des villes inclusives et résilientes (PDVIR) affichent un taux d’avancement de 14,91 %. Le délai consommé, lui, atteint 23,17 %. Autrement dit, le calendrier avance plus vite que les travaux.

Cette situation pose une question. Comment rattraper le retard ? Les parties prenantes pointent la lenteur des procédures. La passation des marchés et la contractualisation doivent s’accélérer. Sans cela, les objectifs risquent de glisser. Le sujet devient donc central dans les discussions entre le MINDCAF, le MINHDU et la Banque mondiale.

Un calendrier serré jusqu’en 2031

Pour garder le cap, les parties ont arrêté une feuille de route. La deuxième réunion de l’équipe interministérielle chargée de finaliser la réforme foncière et domaniale se tiendra les 29 et 30 octobre 2026. Ensuite, une note conceptuelle sur la création d’une Agence nationale du cadastre doit partir à la Banque mondiale au plus tard le 27 novembre. Puis, les ateliers interrégionaux de validation de la politique nationale foncière sont programmés pour le 3 décembre 2026. Enfin, le document devra être soumis aux services du Premier ministre le 31 décembre 2026.

À travers ce programme, le MINDCAF et la Banque mondiale veulent moderniser la gouvernance foncière. Ils entendent aussi améliorer les infrastructures urbaines. Mais le respect des échéances sera décisif. L’accélération des activités engagées déterminera la réussite du PVGFD à l’horizon 2031. L’enjeu dépasse le cadre administratif. Il touche directement les habitants de Yaoundé et de Douala, en attente de services fonciers plus fiables et de villes plus résilientes.

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