Violence en milieu scolaire : la corporation enseignante de nouveau meurtrie au Cameroun.

Une onde de choc traverse de nouveau le monde éducatif camerounais. Le drame survenu au Lycée Technique Bilingue de Nsam ravive des souvenirs sombres. Cette tragédie rappelle immédiatement le film d’horreur vécu en janvier 2020 au Lycée de Nkolbisson. À l’époque, un jeune professeur de mathématiques de 26 ans perdait la vie. Un élève de 15 ans l’avait poignardé avec un compas. L’enseignant n’avait pas encore perçu son premier salaire. Il laissait derrière lui des parents effondrés et une profession sous le choc.
Par ailleurs, cette agression avait déclenché la colère et l’incompréhension générale. La corporation reprochait au gouvernement son manque de soutien ferme face à cet acte barbare. En réponse, la communauté éducative s’était remobilisée avec détermination.

L’ENSEIGNANT : entre répression policière et serment de dignité

En janvier 2020, la tension est montée d’un cran dans les établissements scolaires. Les enseignants ont organisé une grande mobilisation lors de la levée de corps au CHU de Yaoundé. Vêtus de leurs toges, ils entendaient marcher pacifiquement vers le ministère de l’Éducation secondaire. Cependant, le dispositif sécuritaire a rapidement bloqué la procession au niveau de l’École Nationale Supérieure Polytechnique.
De plus, les forces de maintien de l’ordre ont extirpé le corbillard du cortège. Les forces de sécurité ont utilisé du gaz lacrymogène et des camions à eau pour disperser la foule. Malgré la brutalité de la riposte, aucun enseignant n’a cédé à la violence. Aucun projectile n’a été lancé et aucun commerce n’a été vandalisé. Seules la toge et la craie incarnaient la force de leur protestation. Ce jour-là, une résolution silencieuse a pris forme : plus aucun enseignant ne devait mourir sous les coups d’un élève. Cette crise a d’ailleurs accéléré une vague de départs massifs d’enseignants vers le Canada.

Un sacerdoce méconnu face au désengagement parental

Pourtant, le lien entre l’enseignant et l’apprenant reste profondément humain. Au quotidien, le corps professoral entoure, conseille et protège les jeunes qui lui sont confiés. L’action pédagogique dépasse largement la simple transmission des connaissances académiques.
En effet, de nombreux enseignants financent eux-mêmes les frais de scolarité de certains élèves démunis. Ils prennent aussi en charge leur nutrition, leur transport ou leurs soins médicaux. L’enseignant façonne les citoyens de demain souvent au prix de sacrifices personnels considérables. Ainsi, la corporation interpelle directement les familles. Les parents doivent assumer pleinement leur rôle éducatif pour endiguer la violence et préserver l’avenir de la nation.
Protégeons nos enseignants. Protégeons nos écoles. Éduquons nos enfants. Préservons l’avenir de notre pays.
Quelle mesure prioritaire le gouvernement et les associations de parents d’élèves devraient-ils adopter immédiatement pour renforcer la sécurité dans les établissements scolaires ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *