Usurpation de titre et de fonctions : démantèlement d’une organisation de faux éléments des FDS et des agents de l’ONU

Les éléments du Poste de Commandement Opérationnel de la Gendarmerie Nationale (PCOPS) ont procédé au démantèlement d’un réseau structuré qui se faisait passer pour des agents des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et des représentants mandatés par l’Organisation des Nations Unies (ONU).

L’opération a été déclenchée suite à une alerte émanant du Ministère des Relations Extérieures. Ce signalement faisait état de l’existence d’une association camerounaise œuvrant dans la promotion des droits de l’Homme, qui utilisait abusivement les symboles des Nations Unies et qui était parvenue à faire accréditer ses représentants auprès de l’Union Européenne et de l’Union Africaine.

Des saisies impressionnantes

Les investigations menées par les enquêteurs du PCOPS ont abouti à l’interpellation de huit personnes, dont le président de l’Organisation pour la Défense des Droits de l’Homme (ODDH International), sa secrétaire générale, ainsi que six de leurs complices.

Les perquisitions effectuées à leurs domiciles ont permis aux gendarmes de mettre la main sur un arsenal conséquent : des armes de guerre et de chasse, des tenues militaires et du GPIGN arborant les insignes de l’ODDH International, des cachets, des poignards, des rangers, des galons, des laissez-passer, ainsi que des documents administratifs falsifiés portant le sceau de la Sûreté Nationale, incluant des convocations et des procès-verbaux d’audition. Des cartes professionnelles, des fiches d’engagement et des ordres de mission ont également été saisis.

Une dérive paramilitaire

Selon le Lieutenant-Colonel NANA II Georges Parfait, Chef du Poste de Commandement Opérationnel, l’ODDH International, bien qu’étant une organisation légale à l’origine, s’est progressivement détournée de sa vocation première. L’association s’est transformée en une structure paramilitaire dotée d’uniformes, de grades et d’armes, établie dans une centaine d’arrondissements à travers le Cameroun.

Les membres du réseau se substituaient aux officiers de police judiciaire en procédant à des interpellations, des auditions et des convocations, agissant en totale illégalité. Leur mode opératoire consistait à se faire passer pour des éléments de la Gendarmerie Nationale et de la Police afin d’extorquer des fonds aux citoyens.

Des auto-immunités pour échapper aux contrôles

Les suspects utilisaient les symboles de l’ONU pour se créer une forme d’immunité, leur permettant d’éviter les contrôles routiers et de faciliter leur accès aux institutions officielles. Pour gagner la confiance de leurs victimes, le président de l’ODDH International multipliait les titres usurpés selon les circonstances : Haut-Commissaire, Officier Général, Ambassadeur ou Chevalier. Ses collaborateurs se prévalaient quant à eux des titres de Commissaire et d’Inspecteur de Police.

Entendu dans le cadre de l’enquête, le président de l’organisation a reconnu mener ces activités depuis 2009 et a indiqué recruter ses adeptes principalement via les réseaux sociaux.

Appel à la vigilance

Le Lieutenant-Colonel NANA II Georges Parfait a lancé un appel à la vigilance à l’attention des autorités civiles et militaires ainsi qu’à l’ensemble de la population. Il invite toute personne témoin d’activités suspectes à contacter gratuitement les numéros verts de la Gendarmerie Nationale, le 113 ou le 1501.

Les suspects seront prochainement déférés devant la justice. L’enquête se poursuit activement au PCOPS afin de localiser et d’interpeller tous les autres membres de cette organisation clandestine.

 

 

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