Un jeune croyant de trente ans, membre d’une église évangélique, a perdu la vie après avoir tenté un jeûne de 40 jours et 40 nuits, en totale autarcie. Son corps a été retrouvé à son domicile, alors qu’il n’avait plus ni mangé ni bu depuis plus de deux semaines.
L’histoire, rapportée par des proches, a des allures de drame mystique. M. K., trentenaire camerounais, s’était fixé un objectif spirituel hors norme : reproduire le jeûne du Christ dans le désert, sans eau ni nourriture, afin de « fortifier son esprit » et de remporter des « batailles spirituelles ». Pour ce faire, il s’était isolé chez lui, interdisant à sa famille et à ses amis de lui rendre visite, et leur demandant de ne pas interférer avec son « voyage intérieur ». Son seul secours devait venir d’en haut, confiait-il.
Un isolement total, une issue tragique
Les premiers jours se seraient bien passés, selon son entourage. Mais dès la troisième semaine, les signes d’épuisement sont apparus. C’est finalement au seizième jour du jeûne que le drame s’est produit : M. K. s’est effondré chez lui, sans que personne ne puisse intervenir, ses proches respectant à la lettre sa consigne de ne pas « jouer les Judas ».
Devant l’absence prolongée de nouvelles et le silence persistant, plusieurs membres de son entourage ont fini par forcer la porte de son domicile. Ils l’ont découvert inconscient et ont immédiatement appelé les secours.
Le corps n’a pas résisté
Transporté à l’hôpital, M. K. est décédé peu après son arrivée. Le diagnostic médical est sans appel : défaillance organique généralisée due à un jeûne prolongé, autrement dit une mort par inanition. Aucun élément ne permet d’évoquer une cause surnaturelle ou diabolique, soulignent les médecins.
Ce décès soulève aujourd’hui une question délicate au sein de la communauté chrétienne locale : peut-on considérer qu’un tel acte, motivé par une foi extrême, relève du suicide ? Pour certains fidèles, cette issue interroge les limites de l’ascèse spirituelle, tandis que d’autres redoutent que ce geste ne soit pas absous par la grâce divine.
Les risques mortels d’un jeûne prolongé
Les professionnels de santé rappellent que le corps humain ne peut survivre plus de quelques jours sans eau, et que toute privation alimentaire au-delà de 40 jours, même encadrée, expose à des risques mortels. Le jeûne, s’il est pratiqué dans un cadre religieux, doit impérativement être suivi médicalement et adapté à chaque organisme.
En ce sens, ce drame vient rappeler que la foi, aussi puissante soit-elle, ne peut pas tout surmonter, et que la vie terrestre, elle, a ses propres lois.
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