Le dossier avance. Mais les travaux ne sont pas encore lancés. Le 22 septembre 2026, au Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières (MINDCAF), le ministre Henri Eyebe Ayissi a réuni la Banque africaine de développement (BAD) et les parties prenantes du projet « Plaine Centrale Agro Parc Cameroun ». Objectif : passer en revue les avancées et verrouiller les dernières diligences.
Un processus engagé depuis 2024
D’abord, le projet s’inscrit dans un long processus. Dès juillet 2024, une mission de haut niveau a sillonné le corridor Batchenga-Ntui-Yoko-Tibati-Ngaoundéré. Elle devait informer les populations et présenter les effets attendus de l’aménagement.
Ensuite, les échanges se sont poursuivis. En mars 2025, une rencontre au MINDCAF a permis d’examiner le projet avec la BAD, le MINADER et d’autres acteurs. Le MINDCAF y apparaît comme un maillon central. Il doit sécuriser les terres et les mettre à disposition des investisseurs, dans le respect des lois camerounaises.
Une maturation, pas encore un démarrage
Toutefois, la réunion du 22 septembre 2026 ne marque pas le début des travaux. Elle confirme une étape avancée de formulation. Les participants ont travaillé sur la conception, la gouvernance, l’accès au foncier, l’installation des producteurs et les dispositifs environnementaux et sociaux.
Par ailleurs, la BAD insiste sur un point : le calendrier n’a pas été précipité. Les consultations avec les autorités camerounaises ont permis d’affiner les paramètres techniques, institutionnels et financiers. L’objectif : finaliser les dernières composantes. Ensuite, le dossier pourra poursuivre son instruction. À terme, il sera présenté aux instances compétentes de la BAD.
Le foncier, nerf de la guerre
Dans ce contexte, le foncier reste le cœur du dossier. Le projet veut développer des chaînes de valeur agricoles prioritaires. Il prévoit aussi l’installation de grands producteurs, avec une forte implication du privé. Cette orientation donne au MINDCAF une responsabilité lourde. Le ministère gère le domaine de l’État, le cadastre et les affaires foncières.
En avril 2026, le MINDCAF avait déjà annoncé des réserves foncières et des travaux dans la composante sécurisation. Aujourd’hui, la clarification des procédures d’incorporation, de sécurisation et de mise à disposition des terres devient urgente. Sur le plan juridique, les travaux portent notamment sur la cohérence entre le contrat de bail et le cahier des charges.
Environnement et social : compenser avant de détruire
Dès lors, l’étude d’impact environnemental et social prend une place stratégique. Elle prévoit des mesures pour compenser les biens à détruire. Elle doit aussi prendre en charge les personnes affectées avant le démarrage des travaux. La BAD le rappelle : ces exigences doivent respecter les normes nationales et ses propres standards.
En clair, il faut identifier les populations affectées. Il faut évaluer les préjudices. Il faut sécuriser les mécanismes de compensation avant toute activité. La BAD précise cependant que l’attribution des terres relève des autorités camerounaises. Sa mission porte sur la gouvernance, la transparence et le respect des exigences du projet.
Une cellule de gestion au MINDCAF
Enfin, la gouvernance se structure. Un atelier de relecture et d’harmonisation des documents s’est tenu après la validation de principe du ministre Henri Eyebe Ayissi. La maîtrise d’ouvrage dispose d’un Plan d’Aménagement Détaillé. Sa validation par les autorités compétentes constitue une prochaine étape clé.
Pour suivre le dossier, le MINDCAF a mis en place une Cellule de gestion. Elle comprend un coordonnateur, des responsables du Cadastre, des questions domaniales et foncières, ainsi qu’un chargé du suivi-évaluation. Cette organisation vise à garantir un suivi permanent des diligences.
Ce qu’il faut retenir
Le projet Plaine centrale avance. Mais il reste en phase d’instruction. Les prochaines étapes : finaliser la formulation, valider le Plan d’Aménagement Détaillé, sécuriser le foncier et boucler les dispositifs environnementaux et sociaux. Le MINDCAF et la BAD affichent une méthode : consulter, documenter, sécuriser. Reste à transformer cette maturation en réalisation concrète.

