Ils sont 67. Ils ont entre 10 et 15 mois de prison à purger. Surtout, ils doivent payer des amendes pour retrouver la liberté. Voici l’enquête.
La Prison Centrale de Kondengui ne dort jamais. Dans ses murs, une réalité juridique rattrape les jeunes de la crise post-électorale. Le Tribunal Militaire a tranché. Le couperet est tombé. Les peines vont de 10 à 15 mois de détention ferme.
Cependant, une lueur d’espoir subsiste. Ces condamnations sont assorties d’amendes. Les montants oscillent entre 25 000 et 30 000 francs CFA. Pour ces détenus, la clé de la liberté se trouve désormais dans leur portefeuille.
Prison Centrale de Kondengui : Une Délivrance Conditionnée par l’Argent
En effet, le mécanisme est simple mais impitoyable. Sans paiement, la porte reste fermée. Avec paiement, le retour à la vie civile est immédiat. Cette situation crée une pression financière énorme pour des familles souvent modestes.
D’ailleurs, certains détenus touchent au but. Ils sont libérables dans trois jours. C’est le cas de Madakwe LADE, Djibrilla Moumini ou encore KODA Frédéric. Leur date butoir est fixée au 13 octobre 2026. Mais attention, cette libération ne sera effective que si l’amende de 30 000 francs est réglée.
Le Groupe des « Libérables Imminents » : 13 Octobre 2026
Ils sont nombreux à attendre cette date charnière. Pour ces hommes, le compte à rebours a commencé. Le juge a fixé leur sort au 13 octobre 2026, sous condition de paiement.
Voici la liste de ceux qui peuvent sortir dès que l’amende est payée :
– Madakwe LADE (11 mois, 30 000 F)
– Djibrilla Moumini (11 mois, 30 000 F)
– KODA Frédéric (11 mois, 30 000 F)
– Dikwe Romain (11 mois, 30 000 F)
– Yakouba Emmanuel (11 mois, 30 000 F)
– Avion Joseph (11 mois, 30 000 F)
– Assan ZAKE (11 mois, 30 000 F)
– Daraoudai Samuel Kineki (11 mois, 30 000 F)
– ZRA Konai (11 mois, 30 000 F)
– Patsakoi Samuel (11 mois, 30 000 F)
– Loakalbe Dabole (11 mois, 30 000 F)
– Ali Aliou Ousman (11 mois, 30 000 F)
– Abdoulaziz (11 mois, 30 000 F)
– Ichaga Mouhamadou (11 mois, 30 000 F)
– TARAFLA Mambelde(11 mois, 30 000 F)
Ceux qui Attendent Novembre 2026
Pour un autre groupe, la date de libération est fixée au 13 novembre 2026. Là encore, l’amende de 30 000 francs CFA est le sésame. Sans cet argent, la détention se prolonge.
La liste des détenus concernés par cette échéance :
– Moussa Bouba (12 mois)
– Ibrahim Amadou (12 mois)
– Amadou Yanoussa (12 mois)
– Mamoudou Babakary (12 mois)
– Kuiessi Mohamed Moctar (12 mois)
– Woudamkoa Adama (12 mois)
– Sawalda Samuel (12 mois)
– Aladji Hassan (12 mois)
– Ibrahim Bouba (12 mois)
– Hamadou Biodamoung Kita (12 mois)
– Komcher Thomas (12 mois)
– Dayang Albert (12 mois)
– Youssouf Abdoulaye (12 mois)
– Mouktar Hamadou (12 mois)
– Harouna Abdouraman (12 mois)
– Alatawa Emmanuel (12 mois)
– Mohamadou Abdou (Nigérien) (12 mois)
– Tchouangwa Issac (12 mois)
– Bouba Sadou (12 mois)
– Nassourou Abdou (12 mois)
– Mohamadou Laminou (15 mois)
– Souleymanou Madi (15 mois)
Les Cas Particuliers : Libérables à Tout Moment
Certains détenus ont une chance unique. Leur libération ne dépend pas d’une date fixe, mais uniquement du paiement de l’amende. Ils peuvent sortir « à tout moment ».
Il s’agit de :
– Yaya Abdoul (10 mois, 25 000 F)
– Oumar Aboubacar (10 mois, 25 000 F)
– Kabirou Hassoumi (10 mois, 30 000 F)
– Dairou Hamadou (10 mois, 30 000 F)
– Salaze Tize (10 mois, 30 000 F)
Le Groupe de Novembre 2026 : Les Amendes de 25 000 F
Pour ces détenus, la peine est de 11 mois. L’amende est plus faible : 25 000 francs. Leur libération est prévue pour le 05 novembre 2026. Là encore, pas de paiement, pas de sortie.
La liste complète :
– Bakoura Aboubakar
– Lawane Moustapha
– Adamou Ousmailla
– Ishaga Vrie
– Moussa Haman
– Ousmanou Porogado
– Aboubakar Alioum
– Aboubakary Alioum
– Naikoua Samson
– Mohamadou Moubarak
– Saidou Bouba
– Absalon Arsam
– Houssami Abba
– ABBO ALI
– Harouna Dzalang
– Bouba
Les Peines les Plus Lourdes
Enfin, deux détenus écopent de la peine la plus lourde. Tchouakeu Wandjeu Gildas Sylvain et Souleymanou Madi (déjà cité plus haut) ont été condamnés à 15 mois. Leur libération est fixée au 13 février 2027. Une échéance lointaine qui dépendra, une fois de plus, du paiement de l’amende.
Conclusion : Une Justice à Deux Vitesses
Au total, ce sont 67 vies suspendues au bon vouloir d’un paiement. La Prison Centrale de Kondengui devient le théâtre d’une réalité cruelle. La liberté a un prix. Il est de 25 000 ou 30 000 francs. Pour ces jeunes de la crise post-électorale, l’argent est devenu le seul passeport pour sortir des grilles.