Mise en service le 5 août 2026, l’ouvrage de 160 mètres, construit en avance sur le calendrier, relie enfin les deux rives du fleuve Nyong. Élus, autorités locales et habitants saluent une infrastructure qui sonne le glas des traversées en pirogue et ouvre une ère nouvelle pour le développement économique de toute la région.
La ferveur était palpable, ce mercredi 5 août 2026, à Malombo, dans le département du Nyong-et-Kellé (région du Centre). Des centaines d’habitants, venus en masse, assistaient à la cérémonie officielle de mise en service du pont tant attendu sur le fleuve Nyong. Présidée par le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, en présence de ses collègues des Transports, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, et des Affaires sociales, Irène Pauline Nguene, cette inauguration a mis un terme à des décennies d’isolement et de danger.
Un ouvrage d’art stratégique et moderne
Long de 160 mètres, le pont de Malombo est une infrastructure mixte acier-béton portée par quatre travées de 40 mètres. Pour garantir sa stabilité, il repose sur des culées et des piles en béton armé fondées sur des pieux profonds. L’ouvrage comprend deux voies de circulation de 3,50 mètres chacune, deux trottoirs pour les piétons et 960 mètres de voies d’accès entièrement aménagées, avec un dispositif complet d’assainissement.
Réalisé par l’entreprise chinoise China First Highway Engineering Company (CFHEC), le chantier, lancé en juin 2024, a été achevé neuf mois avant l’échéance initialement prévue en mars 2027. Le projet, entièrement financé par le Budget d’Investissement Public du ministère des Travaux publics, a mobilisé plus de 9 milliards de francs CFA et généré près de 85 emplois directs, dont une cinquantaine au profit des riverains.
« La fin d’une longue période d’inquiétude »
Pour les populations locales, cet événement revêt une portée hautement symbolique. « C’est la fin d’une longue période d’inquiétude, d’incertitude et de danger pour nos populations. Cet ouvrage moderne et sécurisé apporte un soulagement immense », s’est réjoui Jean Jacques Mbogol III, maire de la commune de Makak. Le chef de canton Longue, dont la communauté a payé un lourd tribut aux accidents du bac, a pour sa part qualifié l’infrastructure de « Pont de l’espérance ».
Au nom des élites du Nyong-et-Kellé, la ministre Irène Pauline Nguene a salué une réalisation qui met fin à des années de souffrance, garantissant désormais un accès plus sûr aux écoles, aux centres de santé et aux services essentiels. L’ouvrage met fin aux traversées périlleuses en pirogue, qui causaient régulièrement des accidents mortels.
Un levier de développement économique et de désenclavement
Au-delà de l’aspect sécuritaire, le pont de Malombo est perçu comme un moteur de développement pour toute la région. Il renforce la liaison entre les départements du Nyong-et-Kellé, de la Mefou-et-Akono et de l’Océan, facilitant l’évacuation des productions agricoles vers les grands centres urbains comme Yaoundé et Douala. « La culture est devenue une culture vivrière. Aujourd’hui que le pont est là, Makak pourra alimenter Yaoundé, Makak pourra alimenter Douala en produits agricoles », a souligné le maire de Makak.
En présence du ministre des Travaux publics, qui a salué « la synergie valeureuse » et l’expertise de l’entreprise CFHEC, les autorités locales ont exprimé leur gratitude au Président de la République pour cette réalisation sur Très Hautes Instructions. Elles ont également appelé les populations à préserver et valoriser cet ouvrage qui, selon elles, constitue désormais un maillon stratégique de la desserte du département.
Pour les habitants de Malombo, cette journée restera gravée comme le début d’une nouvelle ère, celle de la sécurité retrouvée, du désenclavement et des promesses d’un avenir prospère pour les générations présentes et futures.



