Dans de récentes publications, nous annoncions une série de formations mises en œuvre par le Ministère des Travaux Publics en directions de son personnel et de celui des communes. Ces renforcements des capacités se sont déjà déroulées dans plusieurs régions. Jeudi 16 décembre 2021, dans les locaux du Centre des Métiers des Travaux Publics de Garoua, les personnels des services centraux et déconcentrés du Ministère des Travaux publics, les membres des exécutifs régionaux et municipaux des régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord, les bureaux d’études ont pris part aux travaux de formation sur la mise en œuvre de la stratégie de durabilité des routes en terre, les techniques de lithos stabilisation des matériaux disponibles localement et l’utilisation des produits stabilisants. C’était la dernière du genre.
En effet, durant lesdits travaux, les séminaristes ont été informés sur les enjeux et les orientations de la stratégie de durabilité des routes en terre ainsi que sur les caractéristiques des matériaux locaux disponibles dans ce réseau routier. Selon les experts du Labogénie et de l’École Nationale Supérieure des Travaux publics, on retrouve dans cette zone sahélienne un sol rouge rocheux, des déchets de plastiques nécessaires à la fabrication des pavés utilisables pour les couches de chaussée fortement dégradées par les eaux de pluie. Dans un contexte marqué par la rareté des ressources financières, le Ministère des Travaux Publics prévoit dans sa stratégie d’entretien des routes en terre que le traitement des points critiques y compris la réalisation des ouvrages d’art, d’assainissements et les barrières de pluie pourraient constituer au-moins 50% de financement alloué à l’entretien des routes en terre, sous réserve de la plénitude de la réalisation de ces tâches dans les opérations antérieures. Le respect strict des barrières de pluie devra être assuré par les autorités administratives et locales. Ces dispositions ont été bien accueillies par les maires des communes d’arrondissements qui entendent mettre à profit toutes les connaissances reçues au-cours des échanges.
Ils ont davantage été impressionnés par la phase pratique des travaux déroulée sur l’axe Garoua-Bandaké à 55km de la frontière entre le Cameroun et le Nigéria. En effet, un point critique long de 700m a été traité au produit stabilisant Con-aïd car à ce jour, de nombreuse solutions innovantes sont développées par des entreprises en vue d’une optimisation de la performance des matériaux utilisés en couche de chaussée sur nos routes en terre. À court terme, cette stratégie d’entretien des routes en terre qui se veut dynamique, devra être mise à jour par les résultats du retour d’expérience du terrain auxquels il faudra ajouter la contribution des organismes de recherche.