Patrick Mengue est libre. Le jeune homme a quitté les murs de la prison centrale de Kondengui après plus de six mois de détention. Son tort : avoir publié un commentaire sous une publication du blogueur Nzui Manto, annonçant le décès de l’ancien président du Sénat, Marcel Niat Njifenji.
Une phrase de onze mots derrière les barreaux
Tout commence le 11 avril 2026. Sur les réseaux sociaux, l’annonce de la mort de Marcel Niat Njifenji circule. Patrick Mengue réagit par un commentaire devenu célèbre : « Seigneur tu te rapproches déjà de la cible encore un effort stp ». Onze mots. Pour les autorités, le sous-entendu est limpide. Le jeune homme prierait implicitement pour la mort du chef de l’État, Paul Biya.
L’engrenage est alors implacable. Patrick Mengue est interpellé par des hommes en civil lourdement armés, puis conduit au Secrétariat d’État à la Défense. Selon plusieurs sources, il aurait été torturé et contraint d’avouer qu’il visait bien Paul Biya. Il est ensuite déféré à la prison de Kondengui, sans voir ni un avocat ni un juge.
Un procès sous tension et une condamnation contestée
Le 27 juillet 2026, le tribunal de première instance de Yaoundé centre administratif rend son verdict. Patrick Mengue est condamné à six mois de prison ferme pour « outrage au président de la République ». La sentence tombe comme un couperet. Pour la défense, le dossier est vide. Me Batam Nkolong, l’avocat du jeune homme, dénonce une inversion du processus judiciaire : « On a arrêté mon client, on l’a jeté en prison, et c’est maintenant qu’on cherche désespérément les preuves pour l’accuser ».
Au-delà de la procédure, c’est la nature même de l’infraction qui interroge. L’avocat international Christian Bomo Ntimbane s’insurge : « Souhaiter la mort au président de la République est une infraction qui n’existe pratiquement pas dans les pays démocratiques du monde ». Pour lui, cette condamnation constitue un abus de pouvoir manifeste.
Une libération qui ne clôt pas le débat
Aujourd’hui, Patrick Mengue goûte à nouveau à la liberté. Sa sortie de Kondengui met fin à plus de six mois d’une détention qui aura marqué les esprits. Mais au-delà du cas individuel, c’est la question de la liberté d’expression au Cameroun qui reste posée.
Depuis 2018, les arrestations pour des publications sur les réseaux sociaux se multiplient. Les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent des intimidations répétées et des violations flagrantes de la liberté d’opinion. La libération de Patrick Mengue ne doit donc pas faire oublier l’essentiel : derrière chaque commentaire, il y a un citoyen. Et derrière chaque citoyen, un droit fondamental qui mérite d’être protégé.

Cameroun : Patrick Mengue retrouve la liberté après six mois de détention pour un commentaire sur Facebook.
Patrick Mengue est libre. Le jeune homme a quitté les murs de la prison centrale de Kondengui après plus de six mois de détention. Son tort : avoir publié un commentaire sous une publication du blogueur Nzui Manto, annonçant le décès de l’ancien président du Sénat, Marcel Niat Njifenji.
Une phrase de onze mots derrière les barreaux
Tout commence le 11 avril 2026. Sur les réseaux sociaux, l’annonce de la mort de Marcel Niat Njifenji circule. Patrick Mengue réagit par un commentaire devenu célèbre : « Seigneur tu te rapproches déjà de la cible encore un effort stp ». Onze mots. Pour les autorités, le sous-entendu est limpide. Le jeune homme prierait implicitement pour la mort du chef de l’État, Paul Biya.
L’engrenage est alors implacable. Patrick Mengue est interpellé par des hommes en civil lourdement armés, puis conduit au Secrétariat d’État à la Défense. Selon plusieurs sources, il aurait été torturé et contraint d’avouer qu’il visait bien Paul Biya. Il est ensuite déféré à la prison de Kondengui, sans voir ni un avocat ni un juge.
Un procès sous tension et une condamnation contestée
Le 27 juillet 2026, le tribunal de première instance de Yaoundé centre administratif rend son verdict. Patrick Mengue est condamné à six mois de prison ferme pour « outrage au président de la République ». La sentence tombe comme un couperet. Pour la défense, le dossier est vide. Me Batam Nkolong, l’avocat du jeune homme, dénonce une inversion du processus judiciaire : « On a arrêté mon client, on l’a jeté en prison, et c’est maintenant qu’on cherche désespérément les preuves pour l’accuser ».
Au-delà de la procédure, c’est la nature même de l’infraction qui interroge. L’avocat international Christian Bomo Ntimbane s’insurge : « Souhaiter la mort au président de la République est une infraction qui n’existe pratiquement pas dans les pays démocratiques du monde ». Pour lui, cette condamnation constitue un abus de pouvoir manifeste.
Une libération qui ne clôt pas le débat
Aujourd’hui, Patrick Mengue goûte à nouveau à la liberté. Sa sortie de Kondengui met fin à plus de six mois d’une détention qui aura marqué les esprits. Mais au-delà du cas individuel, c’est la question de la liberté d’expression au Cameroun qui reste posée.
Depuis 2018, les arrestations pour des publications sur les réseaux sociaux se multiplient. Les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent des intimidations répétées et des violations flagrantes de la liberté d’opinion. La libération de Patrick Mengue ne doit donc pas faire oublier l’essentiel : derrière chaque commentaire, il y a un citoyen. Et derrière chaque citoyen, un droit fondamental qui mérite d’être protégé.