Une enquête de terrain confirme le ras-le-bol. À Pater, village situé à plus de 6 km du centre-ville de Batouri, les habitants ont dit stop. Ce matin, ils sont sortis en masse. Leur cible : la voie de contournement. Leur demande : réhabiliter la route principale qui dessert le village.
Un axe stratégique à l’arrêt
Depuis plus de six ans, cette route régionale se dégrade. Sa Majesté Amadou Betare, chef du village Pater, confirme la situation. Selon lui, l’axe est devenu impraticable. Pourtant, il reste l’un des tronçons majeurs de l’arrondissement de Batouri.
Pendant près de cinq heures, le blocage a paralysé la circulation. Aucune moto n’a passé. Aucun véhicule non plus. Même les femmes qui transportaient des vivres sont restées bloquées. La tension est montée. Les revendications aussi.
Le sous-préfet descend sur le terrain
Face à cette situation, le sous-préfet de l’arrondissement de Batouri, Adelphe Evaga Wenceslas, a quitté son bureau. Il est descendu sur le terrain. Objectif : constater les faits. Après cette descente, il a pris part à une réunion de crise à la chefferie du village.
À l’issue des échanges, le chef de terre a pris la parole. Il a invité les populations à lever les barrières. Sur le dossier de la route, il a promis de transmettre la doléance au Conseil Régional de l’Est. Cet organe est compétent pour les routes régionales. Une promesse qui reste, pour l’heure, sans calendrier.
Les jeunes ajoutent une autre doléance
Par ailleurs, les jeunes ont profité de la tribune. Leur porte-parole a posé un autre problème : le contrôle mixte. Selon lui, les FMO réclament 1 000 FCFA aux conducteurs d’engins à deux roues. Les jeunes demandent une baisse du montant. Ils exigent aussi le recul de cette barrière.
Ensuite, la séance a pris fin sur des recommandations. L’ordre est revenu dans le village. Mais la colère, elle, n’a pas disparu. Les habitants attendent des actes. Le Conseil Régional de l’Est et l’administration doivent répondre. Faute de quoi, d’autres soulèvements pourraient éclater.
Ce que révèle l’enquête
En définitive, ce blocage à Pater met en lumière un problème plus large. Les routes régionales de l’Est restent un chantier en souffrance. Les populations ne veulent plus de promesses. Elles veulent une route praticable. Et vite.
Les questions restent nombreuses. Pourquoi la route se dégrade-t-elle depuis six ans ? Quels travaux ont été programmés ? Quand le Conseil Régional de l’Est va-t-il se prononcer ? Le dossier reste ouvert.



