La liberté de la presse vacille au Cameroun. Ce mercredi 29 octobre 2026, le paysage médiatique a frôlé le pire. Alfred Passy Bekolo, Directeur de Publication du journal Nlong Infos, a échappé de justesse à une tentative d’enlèvement en plein cœur de Yaoundé.
Cet acte d’une extrême gravité met en lumière la vulnérabilité croissante des acteurs de l’information. De surcroît, il soulève des questions alarmantes sur la sécurité des journalistes d’investigation dans le pays.
Le piège de Nlongkak : Récit d’une agression minutée
Les faits se sont déroulés aux environs de 16h30. Alors qu’il s’apprêtait à traverser la chaussée au quartier Nlongkak pour honorer un rendez-vous professionnel, le journaliste est pris à partie.
Trois individus surgissent soudainement d’un véhicule banalisé, une Toyota Corolla grise dont l’immatriculation demeure inconnue. De plus, la victime identifie formellement ses kidnappeurs. En effet, il les avait déjà aperçus peu de temps auparavant près du Ministère des Relations Extérieures.
Face à l’injonction menaçante des suspects, le journaliste réagit avec sang-froid. Il oppose un refus catégorique de les suivre. Par la suite, il parvient à s’engouffrer dans un refuge sûr, contraignant le commando à prendre la fuite en toute hâte.
Une surveillance occulte et des indices concordants
Cependant, cette agression physique ne constitue pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une machination plus vaste qui inquiète profondément la rédaction.
Depuis deux semaines, les signaux d’alerte se multiplient. D’une part, son compte Orange Money est inexplicablement bloqué, paralysant toutes ses transactions financières. En se rendant dans une agence à Warda, il découvre un motif ahurissant : une prétendue enquête criminelle justifierait ce gel sur ordre externe.
D’autre part, le Directeur de Publication constate des filatures récurrentes dès que son téléphone mobile reste allumé.
« Il se passe quelque chose de pas clair. Je suis en danger », confie-t-il, lucide face à la menace.
Derrière la menace, une voix qui dérange ?
Pour l’instant, le journaliste affirme n’avoir aucun différend personnel connu. Toutefois, son profil public interroge. À la tête de Nlong Infos, Alfred Passy Bekolo assume une ligne éditoriale frontale. Ses analyses incisives, ses prises de position tranchées et ses enquêtes publiées tant sur les réseaux sociaux que dans son journal dérangent les cercles d’influence.
Père de famille et citoyen engagé, il lance aujourd’hui un cri de détresse solennel. Dès lors, la rédaction en appelle à la responsabilité immédiate des autorités compétentes. Garantir la sécurité physique de notre confrère devient une urgence démocratique absolue. Car menacer un journaliste, c’est porter atteinte au droit fondamental des citoyens à l’information.

