Affaire Martinez Zogo : Le commissaire du gouvernement change encore ? Que cherche-t-on à nous faire oublier ?

Un nouveau coup de théâtre judiciaire.

Au Cameroun, certains dossiers donnent le tournis. L’affaire Martinez Zogo en est le parfait exemple. Ce 31 août 2026, en pleine audience, un décret présidentiel est venu bouleverser le procès. En effet, selon ledit procès, le lieutenant-colonel Cerlin Belinga quitte ses fonctions de commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire de Yaoundé. Il va à Maroua. Où il exercera comme vice-président et juge d’instruction.

À Yaoundé, le lieutenant-colonel André Éric Atemengue Omgba prend sa place.

Ce n’est pas un simple mouvement de troupe. C’est un changement au sommet de l’accusation.

Pourquoi maintenant ?

C’est une chronologie qui interpelle. comment comprendre qu’en pleine audience on change de procureur. Serait-il subitement devenu incompétent ou veut-on nous cacher certaines choses. en tout cas, pour essayer de trouver des pistes de compréhension de décret présidentiel, il faut remonter le fil des événements. Le 17 janvier 2023, Martinez Zogo est enlevé. Son corps est retrouvé cinq jours plus tard, à Ebogo 3, près de Soa. Une information judiciaire est ouverte. Et le « bal des juges » commence.

Un seul procès a déjà connu plus de trois juges

Le premier juge d’instruction, Prosper Oyono Ebessa, est dessaisi le 24 avril 2023. Le lieutenant-colonel Florent Aimé Sikati II Kamwo lui succède. La décision intervient sur demande du commissaire du gouvernement Cerlin Belinga. Le tribunal évoque une instruction qui stagne. Le 18 décembre 2023, Sikati II est à son tour remplacé par le lieutenant-colonel Pierrot Narcisse Nzie. Ce changement fait suite à une controverse. Une ordonnance de remise en liberté de Jean-Pierre Amougou Belinga et de Léopold Maxime Eko Eko avait provoqué un tollé. Trois juges d’instruction pour une seule affaire. Et ce n’est pas fini.

Une procédure qui s’éternise

Le 29 février 2024, le juge Nzie clôture l’information judiciaire. Dix-sept inculpés sont renvoyés devant le Tribunal militaire de Yaoundé. Le 25 mars 2024, le procès s’ouvre officiellement. Les audiences s’enchaînent. Débats de procédure, demandes, contestations, auditions de témoins. Le 33e et le 34e témoins sont entendus. Des vidéos de torture sont projetées à l’audience. Nous sommes maintenant le 31 août 2026. Plus de trois ans après l’assassinat de Martinez Zogo. Et voilà qu’en plein procès, le commissaire du gouvernement change.

Un acteur central écarté

Le commissaire du gouvernement n’est pas un simple figurant. Dans ce procès militaire, il représente le ministère public. Il porte l’accusation. Cerlin Belinga était un acteur central. Il était présent aux audiences. Il intervenait dans les débats. Puis, le 31 août, tout bascule. On nous parle d’une mutation administrative. Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi en pleine phase d’auditions ?

Que cache ce nouveau mouvement ?

Pourquoi changer un acteur si important en pleine procédure ? C’est la question que tous les Camerounais se posent.

Le nouveau commissaire devra-t-il reprendre certains éléments du dossier ? Que deviennent les réquisitions déjà formulées ?

Certains observateurs y voient une sanction déguisée. Cerlin Belinga est accusé d’avoir entravé l’enquête. Il aurait protégé certains suspects et empêché la saisie d’un téléphone, une preuve capitale.

D’autres évoquent des rencontres avec des proches d’Amougou Belinga. Des sommes d’argent auraient été échangées.

Ces accusations restent à prouver. Mais elles alimentent les doutes.

Un procès sous tension

Un premier juge d’instruction. Puis un deuxième. Puis un troisième. Une information judiciaire clôturée. Dix-sept accusés renvoyés devant le tribunal. Des années de procédure. Des incidents, des débats, des expertises contestées, des demandes de liberté, des renvois. Et maintenant, le changement du commissaire du gouvernement en pleine phase de jugement.

Pendant ce temps, Martinez Zogo attend toujours sa justice

Avant les politiques. Avant les avocats. Avant les magistrats. Avant les querelles. Avant les stratégies. Il y avait un homme. Martinez Zogo.

Un journaliste. Un citoyen. Un père. Un homme qui exerçait son métier en parlant à ses compatriotes. Qui a tué Martinez Zogo ? Qui a commandité son assassinat ? La justice doit répondre à ces questions. Avec des preuves. Avec des responsabilités clairement établies.

Le temps joue contre la vérité

Avec le temps, le danger est là. Les témoins peuvent disparaître. Les souvenirs peuvent s’effacer. Les preuves peuvent se dégrader. Les versions peuvent changer. Les responsabilités peuvent finir par se perdre dans les méandres de la procédure. Martinez Zogo ne doit pas devenir un vieux souvenir judiciaire. Au Cameroun, nous avons connu trop d’affaires qui commencent avec fracas et finissent dans le silence.

Quand Martinez Zogo reposera-t-il enfin en paix ?

Il ne reposera pas en paix simplement parce qu’un procès aura été organisé. Il reposera en paix lorsque la vérité sera établie. Lorsque les responsabilités seront clairement déterminées. Lorsque la justice sera rendue, dans le respect du droit. En attendant, les questions restent entières. Et les Camerounais, eux, continuent d’attendre.

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