Derrière les chiffres annoncés à Douala le 21 octobre 2026, l’entreprise publique d’eau franchit un cap décisif. En soldant 4,5 milliards de francs CFA de passif social et en accélérant la modernisation de ses infrastructures, la direction générale tente de stabiliser un secteur stratégique.
Une dette sociale historique entièrement apurée
La direction générale de la CAMWATER vient de trancher un nœud gordien vieux de dix ans. Le 21 octobre 2026, à la station de production de Japoma-Douala, l’entreprise a officialisé le versement final des Indemnités de Fin de Carrière (IFC).
Ce dernier virement représente 391 millions de FCFA, versés directement sur les comptes bancaires de 311 agents retraités, dont 83 femmes.
Ce paiement clôture un plan de remboursement massif de 4 539 144 397 FCFA étalé entre 2016 et 2026. L’administration actuelle a hérité en octobre 2022 d’un arriéré de près de 1,2 milliard de FCFA. En quatre ans, la direction dirigée par le Dr Blaise MOUSSA a engagé et liquidé plus de 3,3 milliards de FCFA pour assainir complètement le passif social et régulariser les cotisations auprès de la CNPS.
Conséquence directe : Les partenaires sociaux, conduits par la Synergie des syndicats et représentés par M. NDOYO Thomas, saluent le rétablissement d’un climat de confiance indispensable à la performance industrielle.
Station de Japoma : L’immersion technique avant la livraison
Sur le terrain, la visite guidée des installations de Japoma livre des indices clairs sur la nouvelle stratégie d’exploitation de la CAMWATER. Le chantier vise une mise en service opérationnelle avant la fin de l’année 2026 pour sécuriser l’approvisionnement de la métropole économique.
RÉHABILITATION DE LA STATION DE JAPOMA (DOUALA)
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| • Prises d'eau : Massoumbou et Fleuve Dibamba |
| • Capacité de pompage : 68 000 m³/jour par site |
| • Technologie : Filtration membranaire + SCADA |
| • Impact : Augmentation immédiate du débit à Douala |
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Les équipes techniques reconstruisent la station de pompage sur le fleuve Dibamba et sécurisent le chenal de Massoumbou avec dix nouvelles pompes immergées à convertisseurs de fréquence. L’usine intègre une filière de traitement par filtration membranaire couplée au système de télégestion automatise SCADA. Ce dispositif traite un débit nominal de 68 000 m³/jour, appuyé par un groupe électrogène de secours pour pallier les coupures de courant.
Le chantier Yaoundé : Reconfiguration globale du réseau
Dans la capitale politique, le Projet d’Urgence (PUMIP) et la Reconfiguration du réseau d’alimentation traduisent la volonté de rentabiliser les apports du PAEPYS. Trois consortiums internationaux se partagent l’exécution des contrats étalés sur 36 mois :
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Groupement PUTMAN / PHONIX ENVIRONNEMENT (Belgique) : Construction des réservoirs stratégiques d’Abomé (5 000 m³), Zibi Antenne (4 500 m³) et Minkoameyos (3 750 m³), associés à 85 km de canalisations primaires et secondaires.
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ASPAC TECHNICS (Belgique) : Pose de 62 km de conduites et sécurisation des grandes adductions, notamment la jonction majeure Etoudi-Nkoayos (11,5 km en diamètre 1000 mm).
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GRUPPO ATURIA (Italie) : Extension du réseau tertiaire avec 300 km de conduites PEHD et déploiement de 30 000 kits de branchement.
Parallèlement, la CAMWATER déploie la Campagne spéciale de 200 000 nouveaux branchements. Pour soutenir cette charge de travail, la direction recrute des techniciens locaux en appliquant une grille d’équilibre régional couvrant les dix régions du pays.
Neuf villes régionales et modernisation institutionnelle
L’effort de restructuration ne se limite pas aux deux métropoles. La phase II du projet des 9 villes transforme les équipements de Dschang (7 000 m³/j), Garoua (8 forages neufs et 2 stations), Garoua-Boulai, Maroua (réservoir de 5 000 m³) et Yabassi.
Pour soutenir ces investissements physiques, l’entreprise opère une mutation organisationnelle :
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Décentralisation commerciale : Création de 98 agences de proximité pour réduire le temps de traitement des requêtes abonnés.
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Moyennage logistique : Renouvellement de la flotte de véhicules d’intervention technique.
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Digitalisation : Implantation de l’outil WATERIS by CAMWATER pour auditer les facturations et sécuriser les recettes commerciales.
En alignant la résolution des litiges sociaux sur la modernisation des usines de production, la CAMWATER cherche à poser les bases d’un modèle économique durable pour le service public de l’eau au Cameroun.







