Addis-Abeba, jeudi 27 août 2026. Avant-dernier jour des assises du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique. La délégation camerounaise vit une journée marathon.
Conduite par le Dr Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique, elle enchaîne les rendez-vous. Plénière, dialogue ministériel, réunion bilatérale : le Cameroun se fait entendre sur trois grands sujets de santé continentale.
Deux interventions marquantes en séance plénière
La matinée débute par les travaux en plénière. Le Cameroun prend la parole à deux reprises.
Premier sujet : le cadre régional pour les équipes médicales d’urgence 2026-2030 (Point 12). Le ministre salue cet outil, attendu dans une région qui subit chaque année plus de cent urgences sanitaires majeures.
Il partage l’expérience camerounaise. La première équipe médicale d’urgence nationale est en place. Un programme de formation en épidémiologie de terrain fonctionne aussi.
Mais il alerte sur un besoin : harmoniser les mécanismes de coordination et d’accréditation. Cela doit aller jusqu’au niveau communautaire. Il appelle l’OMS-Afrique et les États membres à agir.
Deuxième intervention sur le Point 14 : la mise en œuvre des amendements au Règlement sanitaire international (2026-2030). Le Cameroun annonce des avancées concrètes.
Le pays engage une révision de son cadre législatif et institutionnel. Une Autorité nationale du RSI est à l’étude.
Les capacités de détection aux points d’entrée se renforcent. La digitalisation des certificats de santé et des données de notification progresse. Le financement durable des activités de surveillance est aussi priorisé.
Polio : le Cameroun plaide pour une vigilance transfrontalière élargie
La délégation rejoint ensuite un dialogue ministériel de haut niveau. Il réunit les pays du Bassin du Lac Tchad autour de la poliomyélite.
La réunion, à huis clos, rassemble les ministres de la Santé du Cameroun, de la Centrafrique, du Tchad, du Niger et du Nigeria. Les partenaires sont présents : IMEP, Gavi, Fondation Gates, Rotary, UNICEF, OMS et Fondation Dangote.
Le Dr Manaouda Malachie remercie l’appui du Bassin. Grâce à lui, le Cameroun affiche des indicateurs parmi les plus stables de la sous-région. Plus de 80 % des districts ont été performants lors des dernières campagnes.
Il annonce une bonne nouvelle : quinze mois sans détection de poliovirus sur le territoire. Mais il tempère cette fierté. La vigilance ne doit pas retomber tant que la transmission persiste chez les voisins.
Il rappelle la position stratégique du Cameroun. Le corridor Douala-Ndjamena traverse le pays. Les mouvements transfrontaliers sont intenses dans l’Extrême-Nord et à l’Est.
Il tire la sonnette d’alarme sur un risque souvent sous-estimé : une propagation vers le Congo et le Gabon, en dehors du périmètre actuel de coordination.
Le ministre réaffirme l’engagement du Cameroun pour la vaccination systématique. Le vaccin hexavalent sera bientôt introduit. Il portera à trois le nombre de doses de vaccin polio inactivé administrées aux enfants.
Il rattache ce combat à une histoire nationale. La Déclaration de Yaoundé de 1996, impulsée par le président Paul Biya, reste vivante. Aujourd’hui, les Lionnes Indomptables en sont les ambassadrices.
Financement de la santé : cap sur une coopération avec la Commission économique pour l’Afrique
La journée s’achève par une réunion bilatérale. Le ministre rencontre une délégation de la Commission économique pour l’Afrique (CEA).
Le sujet : le financement du secteur de la santé. Ces échanges font suite à un courrier du Secrétaire exécutif de la CEA. Celui-ci désigne le ministère camerounais comme interlocuteur technique.
Cette démarche s’inscrit dans la Stratégie de financement de l’avenir de la santé en Afrique 2026-2035. Le Comité régional l’examine actuellement.
Les deux parties évoquent les projets prioritaires du Cameroun. La modernisation des infrastructures, la qualité des services, la préparation aux urgences sanitaires.
Un calendrier est fixé : des consultations formelles auront lieu à Yaoundé.
Une diplomatie sanitaire au service des populations
Au terme de cette journée dense, le chef de la délégation camerounaise se dit satisfait. Il remercie le président de la République pour cette opportunité de porter la voix du Cameroun.
Cette séquence illustre une diplomatie sanitaire énergique et dynamique. Son ambition dépasse le seul rayonnement international.
L’objectif final reste le même : des populations en meilleure santé, au Cameroun comme sur le reste du continent.
À propos de la 76e session du Comité régional OMS Afrique:
Cette rencontre annuelle réunit les ministres de la Santé de 47 pays membres. Elle permet de définir les priorités régionales et de suivre les progrès vers les objectifs de santé continentaux.
Les priorités santé du Cameroun :
Le pays mise sur la préparation aux urgences, l’éradication de la polio, la vaccination systématique et un financement durable. Ces axes s’alignent sur les plans nationaux et les stratégies africaines.
Ce que cela change pour les citoyens :
Ces engagements diplomatiques se traduisent par des améliorations concrètes. Des systèmes d’urgence plus réactifs sauvent des vies. Une surveillance renforcée détecte plus vite les épidémies. Des financements accrus rendent les hôpitaux plus résilients.



