Révélations explosives du Capitaine Effoudou : le Cameroun sous le choc.

Ancien chef du renseignement à la présidence, l’officier en exil accuse l’Amiral Joseph Fouda de vol, de chantage sexuel et de corruption, et met en cause le SGPR Ferdinand Ngoh Ngoh.

Un vent de panique souffle sur les hautes sphères du pouvoir camerounais. Le 24 juillet 2026, le Capitaine Kenneth Effoudou Awussy, ancien chef du bureau de renseignement à l’état-major particulier du président Paul Biya, a brisé trois ans de silence dans une interview-choc de 27 minutes accordée au journaliste Morgan Palmer. Depuis son exil en Europe, l’officier radié a formulé des accusations d’une gravité inouïe contre les plus hautes figures du régime.

Vol de la mallette présidentielle : l’accusation qui secoue le palais

Parmi les révélations les plus explosives, le Capitaine Effoudou affirme qu’en 2008, à New York, l’Amiral Joseph Fouda, conseiller spécial du président, aurait volé l’une des mallettes du chef de l’État. « L’Amiral Fouda Joseph a volé la mallette du président et l’avait confiée au lieutenant Emmanuel Luc de la garder dans sa chambre », a-t-il déclaré, ajoutant que cet officier « en est mort, accusé injustement, alors que le véritable voleur se retrouve encore avec le chef de l’État ».

Sextapes et chantage : un réseau au sommet de l’État

L’ex-officier du renseignement dépeint un système de chantage sexuel organisé par l’Amiral Fouda. Selon ses propos, le beau-fils du conseiller spécial aurait « couché avec les épouses de hauts responsables de la République » pour « tenir les époux en chantage avec des vidéos de leurs ébats sexuels ». Des caméras cachées auraient été installées dans des lieux prédisposés sur ordre de l’Amiral.

« Bandit » et « crapule » : l’officier ne mâche pas ses mots

En uniforme militaire, le Capitaine Effoudou a lancé un défi direct à l’Amiral Fouda : « Cet officier général est une crapule ! Cet officier général, c’est un bandit, et je suis venu lui dire cela en uniforme. » Une provocation qui marque une rupture avec l’étiquette militaire traditionnelle.

Des milliards pour acheter des postes ministériels

Les accusations de corruption sont tout aussi sidérantes. L’ancien chef du renseignement affirme que l’Amiral Fouda aurait :

· Perçu 3 millions d’euros (près de 2 milliards FCFA) de M. Jean Gakam pour le faire nommer ministre de l’Économie
· Reçu 3 milliards FCFA de M. Jean Sylvain Mvondo pour étouffer des enquêtes sur la gestion des chapitres 94, 65 et 57
· Empoché 6 milliards FCFA d’un homme d’affaires tchadien pour des marchés publics non livrés

Un « pacte secret » entre Ngoh Ngoh et Fouda

Le Capitaine Effoudou évoque également un « pacte secret de non-agression » entre le Ministre d’État Ferdinand Ngoh Ngoh, Secrétaire général de la Présidence, et l’Amiral Fouda. Il dénonce une trahison des valeurs républicaines : « On nous a appris que c’était ‘Honneur et Fidélité’ à la République, à l’État, aux institutions. On ne nous a pas appris que c’était ‘Honneur et Fidélité’ aux crapules et aux bandits ! »

Un officier radié, un mandat d’arrêt

Le parcours du Capitaine Effoudou est lui-même tumultueux. Promu à 29 ans à la tête du renseignement présidentiel, il a été radié des cadres de l’armée en mars 2024. Recherché pour désertion en temps de paix depuis 2023, il affirme avoir fui le Cameroun pour sauver sa vie après avoir dénoncé un projet de coup d’État impliquant le SGPR.

La Chambre des experts criminels menace de poursuites

La riposte des institutions ne s’est pas fait attendre. La Chambre nationale des experts criminels du Cameroun (CNECC) a exprimé sa « profonde consternation », soulignant que l’ancien officier n’a « produit publiquement le moindre élément de preuve ». L’institution a ouvert des investigations et se réserve le droit d’engager des poursuites contre l’ex-officier.

Affaire Martinez Zogo : des accusations qui relancent le procès

Dans la foulée, le Capitaine Effoudou a également désigné Ferdinand Ngoh Ngoh comme le commanditaire de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo, tué en janvier 2023. Une accusation qui intervient alors que le procès se poursuit devant le tribunal militaire de Yaoundé.

Une affaire aux lourdes conséquences politiques

Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions au sommet de l’État et de guerre des clans autour de la succession de Paul Biya. Si les accusations du Capitaine Effoudou ont suscité un vif intérêt sur les réseaux sociaux, la CNECC invite les médias et les citoyens à faire preuve de responsabilité dans la diffusion d’informations « susceptibles d’affecter la stabilité des institutions ».

L’ancien officier, qui se dit prêt à témoigner devant le tribunal militaire, promet de nouvelles révélations dans les prochains jours. L’affaire s’annonce comme un nouveau feuilleton judiciaire et politique dans un Cameroun déjà marqué par de nombreuses tensions.

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