Yaoundé : 20 personnes découvertes dans un sous-sol à Ngousso, l’ombre d’un réseau plane.

Nouveau coup de théâtre à Yaoundé. À peine quatre jours après la découverte de 15 filles mineures dans une maison barricadée à Essos, les forces de l’ordre ont débusqué 20 autres personnes dans une propriété isolée du quartier Ngousso.

L’intervention a eu lieu ce dimanche 6 septembre 2026, avant le lever du jour. Alertés par des riverains, les gendarmes de la brigade de Ngousso sont descendus dans une concession située à la Montée Mosquée.

Un sous-sol en terre battue transformé en lieu de culte

À l’intérieur, les enquêteurs ont fait une macabre découverte. Vingt personnes s’entassaient dans un sous-sol au sol en terre battue. Le bilan est précis : 10 femmes, huit hommes et deux enfants âgés de six et sept ans.

Ce réduit insalubre servait en réalité de lieu de culte. Il était utilisé par une structure religieuse autoproclamée : « Mercy of God Ministries ».

Une organisation déjà visée par la justice

Ce nom n’est pas inconnu des autorités camerounaises. En avril 2020, cette église de réveil avait déjà été fermée à Nkoabang. Le préfet de la Mefou-et-Afamba avait ordonné cette fermeture pour défaut d’autorisation.

À l’époque, une centaine de fidèles, majoritairement des femmes, avaient été sommés de quitter les lieux. Le responsable, un prédicateur nigérian du nom d’Ekedi Samuel Kenechukwu, avait échappé aux forces de sécurité.

La colère des riverains et l’intervention du sous-préfet

La nouvelle découverte a rapidement attiré la foule. Des habitants en colère se sont massés autour de la propriété.

Face à la tension, le sous-préfet de Yaoundé V, François Mabaya Essomba, s’est rendu sur place pour calmer les esprits. Sa présence témoigne de la gravité de la situation.

Un lien avec l’affaire d’Essos ?

Cette découverte survient dans un contexte déjà tendu. Le 2 septembre dernier, les policiers du 16e arrondissement avaient découvert 15 filles mineures dans une maison fortement barricadée à Essos, rue des Pavés.

Pour y pénétrer, les forces de l’ordre avaient dû percer le mur d’enceinte et briser les portes. Les fillettes, âgées de 2 à 15 ans, vivaient dans des dortoirs aménagés.

Deux femmes qui les gardaient ont été interpellées. La propriétaire des lieux a évoqué des « séances de prière » pour justifier la présence des enfants.

Des vérifications en cours à Nkoabang et Mimboman

Les enquêteurs cherchent désormais à établir un éventuel lien entre ces deux affaires. Pour l’instant, aucune connexion officielle n’a été confirmée.

D’autres sites pourraient faire l’objet de vérifications. Des informations indiquent que des propriétés à Nkoabang et Mimboman sont également dans le collimateur des autorités.

Une enquête qui soulève de nombreuses questions

Cette affaire soulève des interrogations majeures. Les autorités n’ont pas encore publiquement accusé les occupants de Ngousso de traite, d’enlèvement ou d’une autre infraction.

Mais les similitudes avec l’affaire d’Essos sont troublantes. L’enquête devra déterminer l’identité des responsables et les raisons pour lesquelles ces personnes vivaient dans des conditions si isolées.

En attendant, la psychose gagne du terrain dans la capitale. Les autorités promettent de faire toute la lumière sur ces découvertes qui secouent Yaoundé.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *