Yaoundé, le 23 septembre 2026. Le ministère des Relations extérieures (MINREX) a vibré au rythme de la santé numérique. Ce jour-là, un atelier de partage d’expériences s’est tenu sous le thème : « La télémédecine au service de l’accès équitable aux soins : l’expérience de la Fondation Recover en Afrique. » L’événement a été organisé en partenariat avec la Fondation Recover en Afrique, une organisation de la société civile engagée dans la coopération sanitaire au Cameroun depuis 2007.
La cérémonie était présidée par le secrétaire général du MINREX, Chinmoun Oumarou, représentant le ministre des Relations extérieures, S.E. Mbella Mbella. À ses côtés, l’ambassadeur d’Espagne au Cameroun, S.E. Juan-Pedro Pérez-Gómez Delaunay, marquant l’ancrage bilatéral de cette coopération.
Une réponse concrète aux déserts médicaux
En effet, la télémédecine constitue une pratique de soins à distance. Elle mobilise les technologies de l’information et de la communication pour mettre en relation un médecin et un patient séparés géographiquement. Dans un pays où les infrastructures sanitaires restent concentrées dans les grandes villes, cet outil ouvre des perspectives considérables pour les zones rurales et enclavées.
Par ailleurs, la directrice générale de la Fondation Recover en Afrique, Marta Marañón, a exposé les objectifs de cette rencontre. Selon elle, il s’agissait de présenter la télémédecine comme un levier capable de garantir un accès efficace, équitable et de qualité aux soins, y compris dans les zones les plus touchées par la pénurie de personnels de santé. Elle a également souligné l’importance des partenariats avec les structures sanitaires camerounaises pour déployer cette solution à grande échelle.
Un enjeu de souveraineté sanitaire
Le secrétaire général Chinmoun Oumarou a salué l’initiative. Il a insisté sur le fait que cette plateforme facilitera la consultation des patients, notamment en milieu rural, améliorant ainsi l’accès aux soins de santé. Une reconnaissance institutionnelle qui confère à ce projet une dimension stratégique pour le système sanitaire camerounais.
Par ailleurs, l’ambassadeur d’Espagne a corroboré cette dynamique en réaffirmant l’engagement de son pays aux côtés du Cameroun dans cette transition numérique de la santé.
La Fondation Recover, un acteur de terrain depuis 2007
Depuis 2007, la Fondation Recover mène des actions de coopération sanitaire en Afrique subsaharienne. Cette organisation laïque, indépendante et à but non lucratif dispose d’un bureau régional au Cameroun, avec une équipe locale pleinement intégrée. Sa mission : renforcer durablement les capacités des centres de santé partenaires et de leur personnel, afin d’offrir des soins de qualité aux populations les plus vulnérables.
Concrètement, la plateforme de télémédecine de la Fondation Recover connecte les professionnels de santé africains à des spécialistes espagnols volontaires. Ces experts assistent à distance le diagnostic de cas cliniques complexes. En 2025, pas moins de 243 cas diagnostiques ont été partagés via cette plateforme, avec la participation de 19 centres de santé africains et 35 volontaires.
En outre, la plateforme intègre une médiathèque documentaire et des communautés d’apprentissage spécialisées, favorisant la formation continue des soignants.
Vers une intégration durable dans le système de santé
L’atelier de Yaoundé ne s’est pas limité à un exercice de communication. Il visait à susciter une discussion collective approfondie avec toutes les parties prenantes. L’objectif affiché : une meilleure intégration de la télémédecine dans les systèmes de santé africains.
Pour le Cameroun, les défis restent nombreux. Le pays compte environ un médecin pour 5 700 habitants, alors que l’Organisation mondiale de la santé recommande un médecin pour 1 000 habitants. Dans ce contexte, la télémédecine ne se présente pas comme une solution miracle, mais comme un complément indispensable aux dispositifs existants.
Toutefois, des obstacles subsistent : la couverture réseau limitée dans certaines régions, la dépendance aux équipements informatiques, et la nécessité d’un cadre juridique adapté. La balle est désormais dans le camp des décideurs pour transformer cette expérimentation en politique publique pérenne.
À travers cet atelier, le Cameroun affiche sa volonté de s’approprier les outils numériques pour réduire les inégalités d’accès aux soins. Une ambition qui, si elle se concrétise, pourrait servir de modèle à d’autres nations du continent.
#Cameroun #MINREX #Télémédecine #SantéNumérique #FondationRecover #CoopérationSanitaire #DiplomatieCamerounaise #AccèsAuxSoins #SantéRurale


