Sud-Ouest : 604 munitions de guerre saisies dans un bus de transport interurbain.

L’axe Muyuka-Mutengene, théâtre d’une interception majeure

Lundi 12 octobre 2026. Il est environ 10 heures lorsque deux patrouilles du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) 611 se positionnent discrètement. L’une au carrefour de Mutengene. L’autre à Mile 17. Depuis plusieurs heures, un renseignement précis circule dans les rangs des forces de défense. Un colis suspect aurait quitté Bamenda à bord d’un véhicule de transport en commun. Destination annoncée : l’agence Vatican Express de Buéa.

Une fouille méticuleuse, une cargaison explosive

Le bus de l’agence Vatican Express est finalement intercepté au carrefour de Mutengene. Les éléments du BIR 611 procèdent alors à une fouille systématique. Sous les sièges, dissimulée parmi les bagages, la cargaison est découverte. Il ne s’agit pas de marchandises ordinaires. Les soldats mettent la main sur 213 munitions de calibre 7.62mm 54 et 391 munitions de calibre 7.62mm 39. Soit un total de 604 cartouches de guerre, selon le bilan officiel de l’opération.

Deux suspects interpellés, une filière démantelée

Deux individus sont immédiatement interpellés. Le premier répond au nom de BAWA Martin MBE, identifié sous le numéro 681412853. La seconde est une certaine ABEN Rachida, enregistrée sous le numéro 680239861. Tous deux sont présumés être des trafiquants d’armes proches des combattants séparatistes ambazoniens. Leur interpellation marque un coup d’arrêt à une tentative d’approvisionnement en munitions destinées à alimenter la lutte armée dans les régions anglophones.

Un contexte de trafic endémique

Cette saisie intervient dans un contexte de recrudescence du trafic d’armes et de munitions dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest du Cameroun. La crise anglophone, qui secoue ces deux régions depuis 2016, alimente un marché noir florissant. Les groupes séparatistes, notamment les Ambazonia Defence Forces (ADF), multiplient les collectes de fonds depuis l’étranger pour acquérir armes et munitions. En mars 2026, la justice belge a d’ailleurs inculpé plusieurs suspects pour des faits de collecte de fonds destinés à l’achat d’armements au profit de la rébellion ambazonienne.

Une question de sécurité intérieure

Le mode opératoire interroge. Comment une telle quantité de munitions a-t-elle pu transiter à bord d’un bus de transport public reliant Bamenda à Buéa ? La question de la porosité des points de contrôle et de l’efficacité du renseignement se pose avec acuité. Les autorités n’ont pour l’heure livré aucun détail sur la destination finale de la cargaison, ni sur l’éventuelle implication d’autres réseaux.

Ce qu’il faut retenir

Le BIR 611 a intercepté 604 munitions de guerre dans un bus de l’agence Vatican Express sur l’axe Muyuka-Mutengene. Deux suspects, BAWA Martin MBE et ABEN Rachida, ont été interpellés. Cette opération met en lumière l’intensité du trafic d’armes qui alimente la crise anglophone dans le Sud-Ouest du Cameroun. L’enquête se poursuit pour déterminer l’ensemble des ramifications de cette filière.

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