Section Échangeur Nkolbisson – Échangeur Zamengoue : Arab Contractors poursuit le traitement de la voie entre Nkolbisson et Leboudi.

Les engins grondent encore. Sur la section urbaine de la Boucle de la Lékié, les équipes d’Arab Contractors s’activent. Au 2 octobre 2026, l’entreprise égyptienne poursuit ses interventions entre Nkolbisson et Leboudi. Mais le tableau cache une réalité plus contrastée.

Des réparations ciblées sur plusieurs points critiques

La chaussée a été réparée. Aux PK 0+500 et PK 1+300, les équipes ont posé un remblai en matériaux rocheux. Objectif : renforcer la plateforme et limiter les dégradations pendant la saison des pluies. Plus loin, au PK 48, dans la zone d’Ifidola, les interventions se poursuivent. Il s’agit d’opérations de substitution par matériaux rocheux.

Ces travaux devraient s’achever le 5 octobre 2026. Ils visent à faciliter la circulation des populations et à garantir de meilleures conditions de passage. Un soulagement pour les usagers, après des mois de galère.

Une reprise en trompe-l’œil

Mais la circulation rétablie ne signifie pas que le chantier est relancé. Car plusieurs inquiétudes demeurent. Et elles sont sérieuses.

L’entreprise Arab Contractors, malgré les interpellations du Maître d’ouvrage et les instructions précises données lors de la réunion d’août 2026, ne s’est pas mobilisée. Le constat est sans appel. Selon le ministère des Travaux publics, la faible mobilisation de l’entreprise explique en grande partie les retards.

Les chiffres confirment cette inertie. Au 13 juillet 2026, le taux d’exécution global du projet plafonnait à 57,03 %. Pour des délais largement dépassés. La couche de base couvrait 43,4 km sur les 81,5 km prévus. La couche de roulement, 30,72 km. Et sur les 115 dalots programmés, seulement 62 étaient achevés.

Le pont sur le Ngobo, toujours en attente

Le point noir reste le pont sur la rivière Ngobo. À la mi-juillet 2026, les travaux n’avaient toujours pas démarré. Un ouvrage pourtant stratégique pour la section Échangeur Zamengoué – Ekékam – Evodoula.

Le Maître d’ouvrage a servi un ordre de service technique à l’entreprise. Il prescrit des objectifs précis : renforcer les ressources humaines et matérielles, achever les travaux de la section 1, démarrer le pont sur le Ngobo et maintenir la circulation sur les zones en terre. Un délai supplémentaire de trois mois a même été accordé.

Mais sur le terrain, la mobilisation reste timide. Les équipes et les engins déployés sont jugés insuffisants.

 Une situation financière pourtant assainie

Les paiements ont été effectués. Entre le 30 janvier et le 24 avril 2026, 4,203 milliards de FCFA ont été versés à Arab Contractors. Les décomptes impayés ont été ramenés à 519,452 millions de FCFA.

Autrement dit, l’argument financier ne tient plus. Le MINTP est catégorique : les difficultés du chantier s’expliquent davantage par la mauvaise organisation de l’entreprise que par les retards de paiement.

Cette situation a des conséquences directes. Sur le rythme des travaux. Mais aussi sur la vie des riverains.

Un projet à plusieurs milliards, des attentes immenses

Pour rappel, la Boucle de la Lékié représente un linéaire de 81,5 kilomètres. Elle est divisée en trois tronçons. Le coût total est estimé à 31 milliards de FCFA. Un montant qui pourrait grimper à 42 milliards, selon les services du MINTP.

Le projet devait initialement être livré en décembre 2024. Une première échéance repoussée à décembre 2025, puis à novembre 2026.

À terme, cette route doit faciliter l’écoulement des produits vivriers du département de la Lékié vers les grands marchés. Elle doit aussi désenclaver les localités périphériques de Yaoundé.

Mais tant que la mobilisation d’Arab Contractors restera en deçà des attentes, le calendrier risque de glisser encore. Et avec lui, les espoirs des populations.

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