Réhabilitation de la route Mbalmayo-Sangmelima : l’entreprise Razel Cameroun se mobilise sur l’itinéraire Nkout II-Sangmelima.

Ce 30 septembre 2026, les engins de Razel Cameroun ont retrouvé la terre rouge du lot 3. Après des mois d’arrêt forcé, l’entreprise reprend enfin du service sur l’axe Nkout II-Sangmelima. La raison de cette remobilisation ? Le déblocage partiel des décomptes attendus depuis des mois. Sans ce coup de pouce financier, le chantier serait resté figé.

Une planche d’essai pour relancer la machine.

Dès le lendemain, le 1er octobre 2026, les équipes ont investi le terrain. Objectif : valider la formule de la couche de roulement. Sur un linéaire de 100 mètres, entre les points kilométriques 91+375 et 91+475, les techniciens ont posé une planche d’essai. Cette étape est décisive. Elle conditionne la suite des opérations. Si le mélange tient ses promesses, la voie sera ouverte pour un déploiement à grande échelle.

20 kilomètres de bitume en ligne de mire.

Le chantier ne sort pas de terre. Il s’agit d’achever une mise en œuvre déjà entamée. Concrètement, Razel doit finaliser la couche de roulement sur 20,350 kilomètres. Le tronçon complet du lot 3 s’étire sur 27 kilomètres. Il relie Nkout II au carrefour de la stèle dédiée au chef de l’État, à l’entrée de Sangmelima. C’est la dernière ligne droite. Mais elle reste la plus coûteuse.

Des décomptes qui débloquent le chantier.

Pourquoi Razel s’est-il arrêté ? La réponse tient en un mot : trésorerie. L’entreprise a transmis plus de 68 milliards de FCFA de décomptes. Sur cette somme, 53 milliards ont déjà été soldés. Près de 10 milliards sont actuellement dans le circuit de paiement. Le reliquat suit son cours. Le déblocage de quelques factures a suffi à remettre les équipes en mouvement. Le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a reconnu les tensions financières. Il a toutefois réaffirmé la volonté de l’État de résorber progressivement les créances.

Un axe vital pour le Centre et le Sud.

La route Mbalmayo-Sangmelima n’est pas une voie ordinaire. Elle relie le Nyong-et-So’o, dans le Centre, au Dja-et-Lobo, dans le Sud. Chaque jour, des centaines de véhicules y circulent. Transporteurs, commerçants, voyageurs : tous dépendent de cet itinéraire. Les pluies récentes ont fragilisé la chaussée. Les nids-de-poule se sont multipliés. La réhabilitation était devenue une urgence économique et sécuritaire.

Un financement sous tension.

Le projet global couvre 115 kilomètres. Il est divisé en trois lots. Le lot 1 a été confié à Routd’Af pour 7,7 milliards de FCFA. Le lot 2 est revenu à Arab Contractors pour 7,5 milliards. Et le lot 3, celui de Razel, s’élève à près de 5,103 milliards de FCFA. Le coût moyen du kilomètre atteint 176 millions de FCFA. Un tarif qui reste élevé, même si le Cameroun expérimente désormais le recyclage amélioré à l’émulsion pour faire baisser la facture.

Razel joue sa crédibilité.

Pour Razel, ce chantier est un test. L’entreprise a multiplié les assurances. Fin août 2026, lors d’une séance de travail à Yaoundé, la direction internationale avait promis une remobilisation rapide. Frédéric Flacassier, responsable de Razel Cameroun, avait déclaré : « Les conditions sont réunies pour que nous puissions continuer notre mobilisation sur le terrain ». Les actes ont suivi les paroles. Reste à savoir si la cadence sera tenue. Les riverains, eux, attendent une route praticable. Pas des promesses.

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