Nord-Ouest : l’ANTIC sonne l’alarme sur le retard numérique des communes.

Seules 48,6 % des municipalités de la région disposent d’un site web opérationnel, un constat préoccupant qui a poussé le directeur général de l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication à interpeller les élus locaux lors d’un séminaire de trois jours à Bamenda.

La fracture numérique n’épargne pas l’administration territoriale. Dans le Nord-Ouest, plus d’une commune sur deux navigue encore à vue sur la toile. Ce chiffre, dévoilé par le professeur Ebot Ebot Enaw, directeur général de l’ANTIC, a servi de signal d’alarme à l’ouverture des travaux, lundi 14 juillet, dans la capitale régionale. Placé sous le thème « Le développement local à l’ère de la transformation numérique », cet atelier visait à convaincre les maires des sept départements concernés qu’il n’est plus temps de tergiverser.

« L’intégration des TIC dans la gestion quotidienne des collectivités ne relève plus d’une option, mais d’une impérieuse nécessité », a martelé le Pr Ebot Ebot Enaw devant un parterre d’élus locaux et de responsables informatiques. L’enjeu est double : améliorer la délivrance des services aux usagers tout en sécurisant les recettes municipales, trop souvent grevées par des procédures manuelles obsolètes.

Un défi d’accessibilité et de transparence

L’objectif affiché par l’agence est ambitieux : substituer aux déplacements fastidieux vers les mairies des démarches effectuées en quelques clics depuis un smartphone. La dématérialisation des registres d’état civil et l’automatisation du recouvrement des taxes locales figurent parmi les chantiers prioritaires. Deux leviers qui, selon le directeur général, conditionnent la crédibilité financière et la performance des communes.

Des résultats encourageants à l’échelle nationale

Pour rassurer les participants, le Pr Ebot Ebot Enaw a rappelé que l’ANTIC a déjà accompagné 230 communes à travers le pays, soit 64 % du parc communal camerounais. Il a cité en exemple la sécurisation des plateformes du registre national d’état civil dans des localités pilotes du Diamaré (Extrême-Nord) et du Wouri (Littoral), rendue possible grâce au déploiement de l’infrastructure à clés publiques développée par l’agence.

« Le Nord-Ouest ne saurait rester en marge de cette dynamique », a-t-il insisté, invitant les élus à saisir cette formation comme une opportunité de basculement vers une gouvernance moderne.

Organisé en partenariat avec le ministère de la Décentralisation, le FEICOM, le BUNEC et l’ARMP, ce séminaire témoigne de la volonté des pouvoirs publics de faire du numérique le socle de l’administration locale de demain. Reste à savoir si les maires de la région sauront transformer l’essai pour ne pas être distancés dans la course à la modernisation.

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