Au terme de trois jours d’examen minutieux du Plan de Travail Annuel (PTA) 2026, le ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a prescrit le 3 août dernier un plan d’action de redressement. L’objectif : corriger les insuffisances de gouvernance et accélérer la cadence d’exécution des 446 projets routiers en cours.
Un constat contrasté pour le portefeuille 2026
Si le niveau global d’exécution atteint 56,9 % des objectifs fixés en début d’exercice, ce chiffre reste en deçà des performances enregistrées à la même période en 2025. Sur les 155 projets programmés pour une livraison cette année, 30 ont déjà été réceptionnés, permettant la réalisation de 165,9 km de nouvelles routes bitumées, 5,85 km de routes réhabilitées et 1 269 mètres linéaires d’ouvrages d’art. Le ministre mise sur un maintien du rythme actuel pour porter ce total à 70 projets livrés d’ici la fin de l’exercice.
57 projets sous haute surveillance
L’exercice a révélé des disparités préoccupantes : 29 projets présentent un risque léger de retard, mais 57 affichent un risque élevé, avec une exécution trop lente depuis le début de l’année. Parmi les chantiers les plus critiques figurent la réhabilitation des routes régionales dans la Lekie et l’aménagement de l’entrée nord de Yaoundé. En revanche, certains projets se distinguent par leur dynamisme, à l’image des travaux du lot 4B de Babadjou‑Bamenda ou de la construction du pont sur le fleuve Chari.
Un plan d’action en douze jours pour redresser la barre
Pour enrayer les dérives, Emmanuel Nganou Djoumessi a imposé un délai de douze jours pour le traitement des dossiers de contractualisation, la systématisation des comptes rendus d’exécution et l’élaboration de plans de redressement pour chaque projet identifié à risque. Les mesures transversales visent à renforcer le management par objectifs, améliorer la maîtrise de la réglementation et assurer une meilleure appropriation des contrats par les équipes du maître d’ouvrage. Une attention particulière est également portée à l’implication des responsables concernés dans un atelier d’appropriation du décret sur la maturation des projets.
Des mesures spécifiques pour les chantiers bloqués
Le ministre a également pris des dispositions ciblées pour les projets accusant les retards les plus importants. Concernant l’autoroute Yaoundé‑Douala (phase II), une concertation est prévue pour utiliser une partie des ressources allouées par la Présidence afin d’achever les indemnisations dans le département de la Sanaga‑Maritime. Pour la route Ebolowa‑Akom II‑Kribi, des diligences ont été prescrites pour accélérer les études complémentaires et les opérations de libération des emprises. Par ailleurs, le contrat de l’entreprise Arab Contractors sera réaménagé pour recentrer ses interventions sur les projets prioritaires. Enfin, le ministre a exigé des entreprises concernées des plannings crédibles de rattrapage et ordonné l’accélération du paiement des décomptes en instance pour les chantiers d’Akonolinga‑Endom‑Obout et Mampang‑Angossas.
Avec ce plan d’action de redressement, le MINTP entend donner un nouvel élan à l’exécution du PTA 2026 et garantir la livraison d’infrastructures routières structurantes pour le Cameroun.


