Face à l’érosion récurrente de ses berges, le Mayo Limani menaçait les localités d’Amchidé et Limani. Le ministère des Travaux publics (MINTP) a lancé un vaste chantier de protection pour mettre fin aux risques d’inondation.
Les travaux avancent à un rythme soutenu. Présenté lors de la revue des projets routiers et d’ouvrages d’art le 5 mai 2026, le taux d’exécution physique atteint désormais 70,2 %. Une performance remarquable, car elle dépasse la consommation des délais contractuels, fixée à 64,28 %. L’ouvrage pourrait ainsi être livré avant l’échéance prévue.
Un chantier stratégique pour la résilience climatique
Depuis plusieurs années, le Mayo Limani sortait régulièrement de son lit. Les crues ravageaient les zones de production, détruisaient les habitations et isolaient les villages. Pour répondre aux doléances des populations, le ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a instruit le recalibrage du cours d’eau et la protection de ses berges.
L’entreprise COMAR, déjà en charge de la reconstruction du pont en 2021, est maître d’œuvre de ce projet de résilience. Les équipes construisent des drains et des infrastructures capables de contenir la rivière pendant les grandes pluies. L’objectif est double : éloigner les risques d’immersion du pont récemment reconstruit et protéger définitivement les habitants des inondations.
Un dispositif sécuritaire renforcé
La zone frontalière avec le Nigeria reste sensible. Conscient des défis, le gouvernement a mis en place un important dispositif d’appui sécuritaire. Ce cadre protège les personnels déployés sur le chantier, les équipements et le site des travaux. Une condition essentielle pour mener à bien ce projet, dont le coût global s’élève à 1 866 475 275 FCFA TTC.
Un pont au service du commerce régional
La reconstruction du pont sur le Mayo Limani, effondré en 2015, avait déjà marqué une étape cruciale. Mis en service en décembre 2023, cet ouvrage de 124 mètres rétablit la liaison entre le Cameroun et le Nigeria. Il facilite les échanges commerciaux et les déplacements des populations dans cette région de l’Extrême-Nord. Avec la protection des berges, le MINTP assure aujourd’hui la pérennité de cette infrastructure vitale.



