Yaoundé, le 07 Octobre 2026. La mort de Clément Atangana a laissé un vide. Ce mercredi 7 octobre 2026, trois jours après le décès du premier président du Conseil constitutionnel camerounais, l’institution s’est réunie. Objectif : constater officiellement la vacance du poste. Aucun nom n’a filtré pour la succession.
Une réunion pour acter la vacance
Le doyen Paul Nkwi Nchoji, 86 ans, a publié un communiqué laconique. « En application des dispositions de l’article 13 de son règlement intérieur, le Conseil constitutionnel s’est réuni ce jour en audience publique à l’effet de constater la vacance du poste de Président du Conseil constitutionnel. » La formule est administrative. Elle acte une réalité juridique : le siège est vide.
Cette réunion était attendue. Depuis le décès de Clément Atangana, le 4 octobre à Paris, l’institution fonctionnait sans président titulaire. Les textes prévoient une suppléance temporaire. Mais la mort du président ouvre une vacance définitive, distincte d’une simple indisponibilité.
Paul Nkwi Nchoji, un intérim encadré
Qui assure la continuité ? Le doyen d’âge. Paul Nkwi Nchoji, professeur émérite et anthropologue, est le membre le plus âgé du Conseil. La loi n°2004/004 du 21 avril 2004 lui confie la suppléance en cas d’empêchement provisoire du président.
Mais son rôle s’arrête là. « Le décès de Clément Atangana constitue une vacance de la présidence et non une simple indisponibilité temporaire », rappelle une analyse juridique. Paul Nkwi Nchoji ne devient donc pas président titulaire. Il gère les affaires courantes. Il convoque les réunions urgentes. Il signe les actes de gestion quotidienne.
Une succession qui appartient à Paul Biya
Le vrai choix appartient au président de la République. Selon l’article 24 de la loi n°2004/005, en cas de décès, de démission ou de toute autre cause de vacance, le chef de l’État nomme un nouveau président. Paul Biya détient cette prérogative exclusive.
Aucun décret n’a encore été signé. Le suspense reste entier. Plusieurs noms circulent dans les rédactions. Charles-Étienne Lekene Donfack, Florence Rita Arrey, Adolphe Minkoa She et Paul Nkwi Nchoji lui-même sont cités. Mais aucune candidature n’est officielle. Aucune annonce n’a été faite.
Un héritage controversé
Clément Atangana laisse une institution marquée par son empreinte. Nommé en 2018, il a présidé le Conseil pendant les élections présidentielles de 2018 et de 2025. Son rôle dans le contentieux électoral a suscité de vives critiques. L’opposition dénonçait un Conseil « aux ordres » et partial.
Sa disparition ouvre une première transition depuis l’installation effective de l’institution en 2018. Le prochain président héritera d’une juridiction centrale dans le paysage institutionnel camerounais. Il devra aussi composer avec un contexte politique tendu.
Une institution sous tension
Le Conseil constitutionnel camerounais reste une pièce maîtresse. Il contrôle la constitutionnalité des lois. Il traite le contentieux électoral. Il proclame certains résultats. Son président est donc un personnage clé.
En attendant la nomination, l’institution tourne au ralenti. Elle se limite aux affaires de stricte nécessité. Le doyen gère. Les conseillers délibèrent si le quorum est atteint. Mais la véritable décision appartient à Paul Biya.
À suivre.
Le décret de nomination est attendu. Il mettra fin à une vacance inédite. Il désignera l’homme ou la femme qui succédera à Clément Atangana. Pour l’heure, le Conseil constitutionnel camerounais avance sans capitaine.