Cameroun – États-Unis : l’accord discret pour accueillir des expulsés de pays tiers.

Le Cameroun a dit oui. Washington cherchait des pays prêts à recevoir des expulsés de pays tiers. Yaoundé a accepté. L’information est lourde. Et elle n’a pas été annoncée publiquement de cette manière par les autorités camerounaises.

Un accord signé en décembre 2025

Une enquête internationale révèle l’existence d’un accord entre les deux pays. Il remonte à décembre 2025. Depuis janvier 2026, plusieurs transferts ont eu lieu. Au moment de l’enquête, Washington avait déjà envoyé au moins 44 personnes au Cameroun.

Qui sont ces expulsés ?

Ces personnes ne sont ni américaines, ni camerounaises. Certaines n’ont peut-être jamais vécu au Cameroun. L’enquête cite des ressortissants d’Éthiopie, du Ghana, de la République démocratique du Congo, du Sénégal, de la Sierra Leone, du Kenya, de l’Angola et du Zimbabwe.

Jusqu’à 1 000 personnes prévues ?

Les documents évoqués dans l’enquête indiquent un plafond pouvant aller jusqu’à 1 000 personnes. Autrement dit, le Cameroun pourrait devenir une terre d’accueil pour des expulsés que Washington ne veut plus garder. Le dispositif pourrait donc monter en puissance.

L’Afrique, maillon central de la stratégie américaine

Pourtant, le Cameroun n’est pas un cas isolé. L’enquête documente une participation plus large de pays africains. Certains ont signé des accords formels. D’autres ont donné un accord limité. D’autres encore ont accepté des arrangements discrets.

Parmi les pays cités, on retrouve le Cameroun, la République démocratique du Congo, la Guinée équatoriale, l’Eswatini, le Ghana, le Liberia, le Rwanda, le Soudan du Sud, l’Ouganda, la Sierra Leone, la République centrafricaine et le Burundi.

Toutefois, toutes les situations ne se ressemblent pas

Dans certains cas, les engagements restent flous. Dans d’autres, les transferts sont déjà une réalité. Mais une tendance se dessine : l’Afrique occupe une place grandissante dans la stratégie américaine de déportation vers des pays tiers.

Nigeria et Burkina Faso disent non

Face à cette pression, tous les gouvernements n’ont pas cédé. Le Nigeria a refusé publiquement. Ses autorités ont affirmé qu’elles ne plieraient pas sous la pression américaine. Le Burkina Faso a aussi dit non. Ouagadougou a expliqué que le pays ne devait pas devenir une terre de déportation.

Le contraste est net. D’un côté, des États africains acceptent d’entrer dans le mécanisme. De l’autre, certains ferment la porte.

Les questions qui dérangent

Pour le Cameroun, la révélation change la donne. Elle pose des questions précises. Pourquoi Yaoundé a-t-il accepté ? Dans quelles conditions ? Quelles garanties ont été obtenues pour les personnes transférées ? Et quel rôle le Cameroun accepte-t-il de jouer dans la politique migratoire extérieure des États-Unis ?

Ces questions dépassent le cadre des simples expulsions. Elles touchent à la souveraineté. Elles interrogent la diplomatie camerounaise. Et elles posent un problème de droit international.  Elles peuvent aussi peser sur l’image du pays.

Souveraineté, droit et image

En clair, l’accord ne règle pas seulement un dossier migratoire. Il engage une vision. Et il expose le Cameroun à des critiques. Il pourrait aussi créer des tensions internes. Car accueillir des personnes venues d’ailleurs, sans lien préalable avec le pays, n’est pas un geste neutre.

L’enquête ne répond pas encore à toutes les zones d’ombre. Mais elle oblige à poser une question simple : le Cameroun a-t-il mesuré toutes les conséquences de ce choix ?

 

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