Le lieutenant-colonel Parfait Ayissi Nanga a recouvré la liberté ce matin. Cette décision intervient juste avant sa présentation programmée devant le Commissaire du gouvernement du tribunal militaire de Yaoundé. Si ce dénouement soulage ses proches, l’onde de choc provoquée par son arrestation arbitraire reste entière dans les cercles judiciaires et sécuritaires.
En effet, le déroulement des faits soulève des interrogations fondamentales sur le fonctionnement des institutions de contrôle. Qui a donné l’ordre au commandant de la légion de gendarmerie du Centre d’effectuer cette interpellation ? Quel motif légal justifiait une telle mesure d’urgence, alors que le haut officier manifestait publiquement son intention de témoigner pour assurer sa propre sécurité ?
D’autre part, la chronologie des événements interpelle les observateurs avertis. L’intervention s’est déroulée un samedi, un jour inhabituel pour ce type de procédure, alors même que le militaire demeurait à la disposition permanente de la justice. Cette hâte d’interpeller et d’incarcérer un témoin clé avant sa déposition officielle sème le doute sur les intentions réelles des commanditaires.
Le Colonel Ayissi Nanga a été libéré ! mais le mal est déjà fait !!!
Malgré cette remise en liberté provisoire, les séquelles institutionnelles demeurent profondes. L’officier pourra-t-il encore déposer devant la barre avec la sérénité requise ? Son passage par les cellules du Secrétariat d’État à la défense (SED) crée un climat d’intimidation manifeste, susceptible de modifier la nature de ses révélations.
Par ailleurs, la qualification juridique de cette arrestation pose problème. Plusieurs juristes s’interrogent déjà : cette privation de liberté ne s’apparente-t-elle pas, en réalité, à une tentative d’influence ou de subornation de témoin ? Les conditions de cette détention préventive entachent durablement la crédibilité des procédures à venir devant la juridiction militaire.
Pour couronner le tout, une asymétrie criante marque le traitement réservé aux différentes parties. Tandis que le lieutenant-colonel subit une pression judiciaire continue, ses adversaires désignés évoluent sans être inquiétés par les enquêteurs. Ce traitement de faveur alimente le sentiment d’une impunité garantie par des appuis au plus haut sommet.