Un tournant décisif pour la souveraineté nationale. Le vendredi 09 octobre 2026, la Commission d’éligibilité des Organes de gestion du statut de réfugié au Cameroun a tenu sa première session dans la salle des actes du Ministère des Relations Extérieures. Sous la présidence de Son Excellence CHIMOUN OUMAROU, Secrétaire Général dudit ministère, cette rencontre marque l’entrée en vigueur effective du transfert de compétences du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Gouvernement camerounais.
Une session sous haute surveillance
L’enjeu est de taille. Au cours de cette session inaugurale, les membres de la Commission ont examiné 200 dossiers de demandeurs d’asile présents sur le territoire camerounais. Ces requérants sont issus d’une dizaine de nationalités différentes. Toutefois, cette première session ne se limite pas à un simple exercice administratif. Elle consacre la mainmise progressive de l’État camerounais sur l’éligibilité des demandes d’asile.
Le cadre juridique du transfert
Ce transfert de compétences ne s’est pas fait overnight. Il repose sur un arsenal juridique solide. D’une part, la Loi N°2005/006 du 27 juillet 2005 portant statut de réfugié au Cameroun pose les fondations. D’autre part, le Décret N°2011/389 du 28 novembre 2011 relatif à l’organisation et au fonctionnement des Organes de Gestion au Statut de Réfugié au Cameroun précise les modalités pratiques. En outre, ces textes définissent clairement les rôles de chaque entité impliquée.
Une composition plurielle
La Commission d’Éligibilité est composée de 08 membres. Ces derniers proviennent de plusieurs administrations stratégiques. Il s’agit du MINREX, du MINAT, du MINAS, de la GN, de la DGRE, de la DGSN, et de la CDHC. Par ailleurs, un observateur désigné par le HCR siège également au sein de l’organe. Cette diversité garantit une approche équilibrée entre sécurité nationale et protection humanitaire.
Un mandat clair pour l’avenir
À titre de rappel, la Commission d’Éligibilité est en charge de l’examen des demandes d’asile introduites par des personnes sollicitant la protection internationale du Cameroun. Concrètement, elle évalue la légitimité de chaque requête. Ensuite, elle rend une décision qui engage la responsabilité de l’État. Enfin, elle assure le suivi des recours éventuels. Ce mécanisme vise à accélérer le traitement des dossiers tout en réduisant la dépendance au HCR.
Vers une gestion autonome et souveraine
Pour les observateurs, cette première session sonne comme une déclaration politique. Le Cameroun affirme sa volonté de gérer lui-même les questions liées à l’asile. Néanmoins, des défis subsistent. La formation des agents, la transparence des décisions et le respect des normes internationales resteront des points de vigilance. Par conséquent, la prochaine session sera scrutée de près.
En définitive, le 9 octobre 2026 restera une date charnière. La Commission d’éligibilité a posé un acte fondateur. Le Cameroun écrit désormais une nouvelle page de sa politique migratoire.
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