Communiqué de presse du collectif de défense de M. Leopold Maxime Eko Eko.

Une nouvelle inculpation qui soulève des questions

L’ombre d’une nouvelle procédure judiciaire plane sur Léopold Maxime Eko Eko. Alors que l’ancien patron de la Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE) attendait sereinement la suite du contre-interrogatoire du trente-cinquième témoin dans l’affaire Martinez Zogo, son nom a refait surface. Cette fois, il est cité dans une ordonnance de renvoi émise par le Juge d’instruction du Tribunal de Grande Instance de la Momo, à Mbengwi.

Cette décision de justice a été immédiatement relayée par des lanceurs d’alertes. Pour le collectif de défense de l’accusé, ces relais servent une campagne de harcèlement bien rodée. L’objectif affiché serait de contourner l’impasse dans laquelle se trouve l’accusation dans le dossier principal. Pourtant, les faits reprochés remontent à une période précise : les années 2015 et 2016.

Le dossier Jan Joris Cappelle au cœur de l’enquête

Au centre de cette nouvelle procédure, un nom revient avec insistance : celui de Jan Joris Cappelle. Ce citoyen belge aurait été victime d’arrestation, de torture et de traitements inhumains au cours de cette période. La justice camerounaise reprocherait aujourd’hui à Eko Eko Léopold Maxime d’avoir joué un rôle dans ce dossier. Cependant, la défense de l’ancien directeur des services secrets oppose un démenti formel et point par point à ces accusations.

La version du collectif de défense : chronologie d’une coopération

Le Collectif des Avocats de Léopold Maxime Eko Eko a tenu à rétablir ce qu’il présente comme la vérité des faits. Selon leurs déclarations, la DGRE n’a jamais initié d’enquête contre le nommé Jan Joris Cappelle. Encore moins, précisent-ils, aurait-elle participé à son audition ou à sa détention dans la Région du Nord-Ouest.

En outre, les avocats affirment que la DGRE n’a jamais sollicité le transfert de l’intéressé vers ses services à Yaoundé. Ils ajoutent qu’elle n’a contribué, par aucun moyen que ce soit, à ce transfèrement. Toutefois, les choses changent en avril 2016. À cette date, le Directeur Général de la DGRE reçoit une instruction ministérielle. Le Ministre Secrétaire Général de la Présidence de la République lui demande de réceptionner Jan Joris Cappelle.

Une exploitation sous contrainte ministérielle

L’intéressé est alors remis par le Délégué Général à la Sûreté Nationale. Il est accusé par les autorités du Nord-Ouest d’espionnage et d’incitation à l’insurrection. Dès sa réception à la DGRE, il est confié à la Direction de la Recherche pour audition. À l’époque, cette direction ne disposait d’aucun moyen de coercition ni de contrainte, souligne le communiqué.

L’exploitation du suspect permet d’établir qu’il est un activiste écologiste. Ses actions, jugées en marge des lois camerounaises, mettaient en péril la cohésion et la cohabitation pacifique des composantes socio-ethniques du Nord-Ouest. Face à cette situation, la DGRE choisit la voie diplomatique plutôt que la manière forte. Le service entretenait déjà une coopération fluide avec le Royaume de Belgique.

L’implication de l’Ambassade de Belgique

La DGRE sollicite et obtient l’implication de l’Ambassade du Royaume de Belgique à Yaoundé. Le but est de convaincre leur citoyen de rentrer au pays pour sa sécurité et pour préserver les bonnes relations bilatérales. Un entretien se déroule dans le salon du DGRE, en présence du Directeur de la Recherche. Toutefois, la rencontre tourne court. M. Jan Joris Cappelle invective violemment son Ambassadeur et le Chef de la section consulaire qui l’accompagnent. Il les taxe de complices de la dictature camerounaise.

Après cet incident, l’Ambassadeur présente ses excuses. Le citoyen belge est immédiatement retourné à la Délégation Générale à la Sûreté Nationale. Une proposition de rapatriement est formulée. L’opération est finalement menée par la Direction de la Police des Frontières et de la Police de l’Aéroport International de Yaoundé Nsimalen, avec l’accord des plus hautes autorités de l’État.

Un procès en violation des règles procédurales ?

Fort de ces éléments, le Collectif des Avocats s’interroge sur la résurrection de ce dossier. Il dénonce une mise en cause pénale dans un processus décisionnel gouvernemental où l’entregent d’Eko Eko a, selon lui, préservé la paix. C’est avec étonnement que le client dit avoir appris, via les réseaux sociaux, l’ouverture d’une information judiciaire contre lui. Il affirme n’avoir jamais été identifié, ni cité, ni formellement inculpé par le Magistrat Instructeur.

Plus grave, il n’aurait jamais été entendu à aucun stade de la procédure. L’ordonnance de renvoi ne lui aurait jamais été notifiée. Pour la défense, ces manquements exposent cette procédure à une nullité absolue. Les avocats citent les articles 3, 40, 41 et 257 du code de procédure pénale camerounais.

Une réponse judiciaire en préparation

Face à ce qu’il qualifie d’acharnement judiciaire, Léopold Maxime Eko Eko se réserve le droit de donner toutes les suites appropriées. Il entend défendre son héritage administratif et professionnel au service de la patrie. L’affaire reste donc ouverte, mais elle promet de nouveaux rebondissements devant les tribunaux.

Yaoundé, le 07 octobre 2026

Me NGOUMOU Josiane Florence
Me NDJANA NDJANA Bernard Hossanna
Me NDJAH Joseph Désiré
Me OFOMO TOUELI
Me LICKEN Junior
Me ZOKOU SERI Simplice
Bâtonnier Jean-Pierre BUYLÉS

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