New York. Le Cameroun est monté au créneau. Sur très haute instruction du Président Paul Biya, le Ministre de la Santé Publique, le Dr Manaouda Malachie, a pris la parole le 21 septembre 2026 à New York. Objectif : arracher un sursaut mondial contre les hépatites virales. Le cadre ? La 5ᵉ réunion annuelle du Groupe des amis des Nations Unies pour l’élimination des hépatites, en marge de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale.
Le chef de la délégation camerounaise n’a pas ménagé ses mots. Il a salué une mobilisation diplomatique autour d’une urgence « trop longtemps demeurée silencieuse ». Les discussions ont porté sur un projet de résolution décisif. Ce texte sera présenté à l’Assemblée générale. Son ambition : accélérer l’élimination des hépatites à l’échelle planétaire.
Un paradoxe inacceptable
Le constat du Ministre est brutal. Un vaccin contre l’hépatite B existe. Des outils de dépistage performants sont disponibles. Des traitements efficaces sont sur le marché. Pourtant, près de 287 millions de personnes vivent encore avec une hépatite B ou C. Chaque année, 1,3 million de patients en meurent.
Pour le Dr Manaouda Malachie, cette situation révèle un échec collectif. L’élimination des hépatites conditionne la couverture sanitaire universelle. Elle touche aussi la santé maternelle et infantile, la sécurité transfusionnelle et la prévention du cancer du foie. Or, ces pathologies n’ont jamais obtenu une mobilisation politique et financière à la hauteur de leur fardeau.
Des avancées concrètes au Cameroun
Sur le terrain, le Cameroun avance. Le réseau de prise en charge est passé de 21 à 65 Centres de Traitement Agréés. Les services se rapprochent ainsi des populations. Le dépistage progresse lui aussi. En 2025, 404 192 femmes enceintes ont été testées, contre 312 280 en 2024. En population générale, le nombre de dépistés est passé de 245 296 à 336 400 personnes.
Parallèlement, le guide national de prise en charge a été finalisé. La dose de naissance du vaccin contre l’hépatite B a été introduite. La prophylaxie destinée aux femmes enceintes porteuses du virus est désormais gratuite. Reste une étape majeure : intégrer progressivement cette prise en charge dans le panier de soins de la Couverture Santé Universelle. Le Ministre martèle une conviction : « aucune personne ne devrait renoncer au diagnostic ou au traitement pour des raisons financières ».
Cap sur une réunion de haut niveau en 2028
Le défi n’est plus seulement scientifique. Il est politique, financier et organisationnel. La déclaration ministérielle signée en mai 2026 pose un socle solide. Mais il faut la traduire en actes. Le Cameroun plaide pour un processus formel. Il appelle de ses vœux une réunion de haut niveau des Nations Unies en 2028. Cette rencontre devra fixer des cibles mesurables et instaurer un mécanisme de redevabilité.
Le pays invite les États membres à soutenir cette démarche. Il demande l’implication des ministères concernés et des missions diplomatiques. Objectif : faire entendre les priorités des régions les plus touchées. Par ailleurs, le Cameroun réclame un financement durable des plans nationaux. Il milite aussi pour la réduction des paiements directs et un accès abordable aux produits de santé essentiels.
« Le temps du silence est terminé »
Prêt à collaborer avec les États membres, l’OMS, les Nations Unies, l’Union africaine, les communautés et les partenaires, le Cameroun veut transformer cette résolution en accélérateur de résultats. Le Dr Manaouda Malachie a conclu d’une phrase lapidaire : « Le temps du silence est terminé ». Un appel clair. Il invite la communauté internationale à se donner les moyens de tenir la promesse de l’élimination d’ici à 2030.
L’enjeu dépasse les frontières camerounaises. Il interroge la volonté politique mondiale. Les hépatites virales tuent en silence. Le Cameroun refuse désormais ce silence.



