Cameroun-Royaume-Uni : une mission économique en préparation pour dynamiser les échanges

Le 7 septembre 2026, une rencontre de haut niveau s’est tenue à Yaoundé. Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a reçu le Haut-Commissaire de Grande-Bretagne au Cameroun, S.E. Matthew David Woods.

L’ordre du jour était précis. Les deux responsables ont planché sur l’organisation d’une mission économique camerounaise au Royaume-Uni. L’objectif affiché est clair : rapprocher les entreprises des deux pays.

Il s’agit aussi de faciliter la mobilisation de financements et la conclusion de partenariats concrets. Une ambition qui s’inscrit dans la volonté du ministre Mbarga Atangana de donner un nouvel élan aux relations commerciales bilatérales.

Miser sur l’investissement et la transformation locale

Lors d’un échange précédent avec le diplomate britannique, le ministre du Commerce avait déjà exprimé sa vision. Il souhaite mettre davantage l’accent sur l’investissement et la transformation locale.

Cette orientation rejoint les grandes ambitions du Cameroun. Le pays veut faire de la transformation structurelle de son économie un moteur de croissance. Création de valeur et emplois sont au cœur de cette stratégie.

L’enjeu de la future mission est donc de taille. Il ne s’agit plus seulement de dialogues institutionnels. L’heure est à la concrétisation d’opportunités d’affaires.

Quels secteurs et quels acteurs concernés ?

Côté camerounais, plusieurs types d’acteurs seront sollicités. Des entreprises, des associations d’hommes et de femmes d’affaires, des groupements d’intérêt économique et des établissements publics ou parapublics sont attendus.

L’objectif est de rassembler des porteurs de projets susceptibles d’intéresser des partenaires britanniques. La recherche de financements, de technologies, de savoir-faire ou de partenariats industriels et commerciaux est prioritaire.

« La Grande-Bretagne a pensé au Ministre du Commerce pour conduire cette mission économique camerounaise au Royaume-Uni », a indiqué le Haut-Commissaire britannique.

Une proposition qui a reçu un écho favorable du ministre Mbarga Atangana. Pour lui, une telle initiative peut accélérer la transformation de plusieurs segments de l’économie nationale.

Des secteurs porteurs identifiés

Plusieurs domaines présentent un fort potentiel d’affaires entre les deux pays. L’énergie, les infrastructures, l’agriculture, l’agro-industrie, la grande consommation et la transformation figurent parmi les secteurs ciblés.

Cette approche britannique intervient dans un contexte de progression des échanges bilatéraux. Selon les données du Department for Business and Trade britannique, le commerce de biens et services entre le Royaume-Uni et le Cameroun a atteint 339 millions de livres sterling sur les quatre trimestres achevés au troisième trimestre 2025.

Soit une hausse de 10,1 % sur un an. Les importations britanniques en provenance du Cameroun ont quant à elles progressé de 22,3 %, à 225 millions de livres.

Des investissements en hausse, un potentiel à exploiter

Au-delà des statistiques, le potentiel reste important. Le stock d’investissements directs britanniques au Cameroun s’élevait à 98 millions de livres sterling à fin 2024. Une hausse de 10,1 % par rapport à l’année précédente.

La future mission économique devra s’appuyer sur un cadre solide. L’Accord de partenariat économique entre le Cameroun et le Royaume-Uni, signé en mars 2021 dans le contexte du Brexit, en est la pierre angulaire.

Entré en vigueur le 9 juillet 2021, cet accord offre au Cameroun un accès sans droits de douane ni contingents au marché britannique pour les marchandises éligibles. En contrepartie, le Cameroun procède à une libéralisation tarifaire progressive pour certains produits britanniques.

Une préparation minutieuse pour décembre

Pour le ministre du Commerce

, la prochaine étape est désormais cruciale. Il s’agit de préparer minutieusement la participation camerounaise.

Lors de l’audience, les services du Ministère ont été invités à procéder sans délai à l’identification des entreprises, structures et projets susceptibles de répondre aux attentes de la mission.

Les premières propositions doivent être transmises au Haut-Commissariat britannique dès la fin de cette semaine. L’échéance est déjà annoncée pour décembre.

Une ambition claire pour l’économie camerounaise

L’ambition affichée est donc claire. Mieux positionner l’offre camerounaise sur le marché britannique. Attirer davantage de capitaux et de partenaires.

Mais surtout, favoriser l’émergence de chaînes de valeur locales. Des chaînes capables de transformer davantage les matières premières et les produits issus de l’économie nationale.

Une dynamique qui pourrait donner un nouvel élan au partenariat entre Yaoundé et Londres. Et contribuer à la transformation structurelle tant attendue de l’économie camerounaise.

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