76e session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique : une journée au pas de charge pour le Cameroun

Addis-Abeba n’a pas vu défiler la délégation camerounaise en simple spectatrice. Ce 26 août 2026, sous la conduite du Ministre de la Santé Publique, Dr Manaouda Malachie, le pays a enchaîné les interventions. La voix du Cameroun s’est portée sur trois dossiers majeurs de santé publique continentale.

Des ressources humaines en santé, mais pas à n’importe quel prix

Au Centre de conférences des Nations Unies, le Chef de la délégation camerounaise a pris la parole. Il s’est exprimé sur le Programme de gestion des personnels de santé en Afrique 2026-2035. Le constat qu’il a rappelé donne le vertige. Le continent concentre près d’un quart de la charge mondiale de morbidité. Pourtant, il ne dispose que de 3 % du personnel de santé mondial.

Les avancées sont réelles, a-t-il reconnu. Mais elles restent en deçà de l’urgence. Le Ministre a alors mis en avant l’expérience camerounaise. Le pays dispose d’un plan national pluriannuel de développement des ressources humaines en santé. Des efforts soutenus sont aussi déployés pour renforcer la formation.

Il a plaidé pour un cadre stratégique régional plus équitable. Il a appelé à une mutualisation plus intelligente des expertises. Enfin, il a proposé la création d’un observatoire africain. Cet organisme serait chargé de suivre les dynamiques du personnel de santé sur le continent.

L’enfant, une priorité qui ne se négocie pas

Toujours dans la même enceinte, le Cameroun a fait entendre sa voix sur le développement de la petite enfance. Le pays peut se prévaloir de résultats tangibles. L’émaciation chez les enfants de moins de cinq ans a été ramenée à 4,3 %. La couverture vaccinale dépasse désormais 90 % de la cible fixée pour cette tranche d’âge.

Le Ministre n’a toutefois rien caché des zones d’ombre qui persistent. Il a cité le retard de croissance, qui reste un défi. L’allaitement exclusif est encore insuffisant. La vaccination contre la rougeole nécessite aussi d’être consolidée.

Il a sollicité l’appui de l’OMS et des partenaires. L’objectif est de bâtir une Politique Nationale de Nutrition. Le Cameroun veut aussi un Plan Stratégique Multisectoriel. Ces outils doivent être calés sur les cibles mondiales de 2030.

Paludisme : le Cameroun montre la voie

La journée s’est refermée au Radisson Blu. Un dialogue ministériel de haut niveau était consacré à l’accès aux produits de santé innovants contre le paludisme. Là encore, le Cameroun a eu quelque chose à apporter à la discussion. Il n’est pas venu seulement pour écouter.

Le pays est un pionnier. Il est le premier pays africain à avoir intégré le vaccin antipaludique à son calendrier vaccinal systématique. Cette décision date de janvier 2024. Aujourd’hui, le pays en récolte les fruits. Les couvertures vaccinales sont en hausse. Les cas de paludisme sont en recul dans les zones couvertes.

Pour le Ministre, cette réussite ne doit rien au hasard. Elle tient à une préparation minutieuse. L’intégration du vaccin dans le programme existant a été clé. La chaîne du froid a été renforcée. Les personnels ont été formés. Une mobilisation communautaire réelle a eu lieu. Enfin, l’usage constant des données a permis de corriger le tir en temps réel.

Ressources humaines, santé de l’enfant, lutte contre le paludisme : en une seule journée, le Cameroun aura tenu sur trois fronts à la fois. Une diplomatie sanitaire dense, portée par une conviction simple. Les engagements pris à Addis-Abeba ne valent que s’ils se traduisent, sur le terrain, par des résultats pour les populations.

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