Le procès de l’assassinat de Martinez Zogo vient de franchir un cap critique. Faux-semblants, usurpation d’identité et planques suspectes : le dossier s’embrase.
Une comparution sous haute tension
En première ligne des attentes, le Lieutenant-Colonel Parfait Ayissi Nanga s’est présenté à la barre. L’ancien chef du groupement de gendarmerie du Mfoundi est sorti de son silence. Écarté prématurément de la commission mixte d’enquête, l’officier supérieur a livré des déclarations explosives.
Dès l’ouverture de sa déposition, il a planté un décor lourd de menaces. De surcroît, conscient d’avoir échappé au pire, il a entamé son propos par un vibrant acte de grâce : « Je rends grâce à Dieu de m’avoir permis de venir témoigner en vie ».
Des accusations directes et vertigineuses
Par la suite, le LCL Ayissi a jeté un pavé dans la mare. Il met directement en cause M. Martin Savom dans une tentative d’élimination physique. Par conséquent, il affirme sans détour : « M. Savom a tenté de me faire assassiner dans la nuit du 19 au 20 août à Ebolowa ».
Cette accusation d’une extrême gravité confirme son irruption théâtrale du 13 octobre dernier. À cette date, l’officier avait traversé la salle d’audience pour supplier le tribunal de lui accorder une protection immédiate. Aujourd’hui placé sous escorte rapprochée, il exprime son soulagement tout en pointant les zones d’ombre de son éviction.
Des pressions et des manœuvres de camouflage
Par ailleurs, le témoin clé a levé un voile opaque sur les pressions subies durant l’instruction. Il évoque notamment une « arrestation répressive » dont les motifs restent inexpliqués.
Au fil de son audition, il a détaillé les méthodes d’approche de ses persécuteurs. Il désigne un certain Dany, qu’il accuse d’avoir usurpé des identités pour l’piéger : « Dany m’avait abordé sous l’apparence du fils du Ministre d’État, Secrétaire général de la Présidence de la République ».
Un piège minutieusement ourdi à Ebolowa
Selon le récit détaillé de l’officier, ce dernier a reçu une invitation pour un rendez-vous hautement compromettant. La rencontre devait se tenir à Ebolowa, dans la résidence d’un militaire du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR). Une localisation d’emblée suspecte, aucun soldat de cette unité d’élite n’y résidant officiellement.
En outre, ses interlocuteurs lui ont promis une entrevue intime avec le haut dignitaire. Finalement, coup de théâtre ultime : le LCL Ayissi affirme détenir des enregistrements audio de toutes ces tractations.
Alors que le Tribunal militaire décortique ce témoignage brûlant, la défense et la partie civile retiennent leur souffle. C’est un véritable séisme judiciaire qui secoue l’affaire Martinez Zogo, ouvrant une brèche vertigineuse dans un procès où la vérité cherche encore sa voie.