RDPC : trois foyers de tension menacent l’unité à un an des élections de 2027.

Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) entre dans une zone de turbulences. À moins d’un an des élections municipales et législatives de février 2027, le parti au pouvoir voit s’ouvrir plusieurs fronts internes. En jeu : le contrôle des investitures.

Dans le Mfoundi, la guerre des nominations

Le conflit le plus visible éclate dans le département du Mfoundi. Le 31 août 2026, Laurent Serge Etoundi Ngoa signe une note de service. Le ministre de l’Éducation de base agit alors en qualité de chef de la délégation permanente départementale. Il désigne unilatéralement des superviseurs et des chargés de mission. Objectif affiché : encadrer les opérations préparatoires dans les sept sections du département.

La réaction ne se fait pas attendre. Gilbert Tsimi Evouna, président du Conseil régional du Centre, conteste immédiatement ces nominations. Il exige leur annulation pure et simple. Le 9 septembre, une trentaine de militants de la section Mfoundi II passent à l’action. Ils manifestent devant le siège du Comité central à Yaoundé pour dénoncer ces désignations.

Finalement, Jean Nkuété tranche. Le secrétaire général du Comité central donne raison à Tsimi Evouna. Cette décision met fin à l’épisode, mais elle révèle une fracture profonde au sein de la fédération du Mfoundi.

Dans l’Ouest, l’héritage politique en question

Par ailleurs, la région de l’Ouest reste sous haute tension. Depuis mars 2025, le diplomate Hamidou Komidor Njimoluh dirige la délégation régionale du parti. Il succède ainsi à Ibrahim Mbombo Njoya, décédé. Or, le défunt occupait également le trône de sultan-roi des Bamoun.

Son fils et successeur, le jeune sultan Mouhamed Nabil Mforifoum Mbombo Njoya, n’a pas hérité du fauteuil politique de son père. La direction du parti a préféré confier ce poste à Njimoluh. Ce choix continue d’alimenter les interrogations. Il pose la question de l’équilibre des forces dans une région dont la mobilisation reste jugée sensible par les cadres du parti.

Dans l’Océan, une rivalité qui perdure

En outre, le département de l’Océan voit ressurgir une vieille rivalité. Jules Doret Ndongo, ministre des Forêts et de la Faune, y dirige la délégation permanente départementale. Face à lui, le sénateur Grégoire Mba Mba revendique également le leadership politique local.

Les deux hommes se disputent cette position depuis plusieurs années. Cet antagonisme avait déjà provoqué des manifestations de militants à Kribi par le passé. Aujourd’hui, il refait surface à l’approche des échéances électorales.

Un discours d’unité mis à mal

Ces querelles locales contredisent un appel récent de la direction centrale. Le 15 juillet dernier, Jean Nkuété exhortait les cadres du parti à une victoire impérative aux prochaines élections. Il prônait alors l’unité et la mobilisation collective.

Or, les fractures observées dans le Mfoundi, l’Ouest et l’Océan affaiblissent ce message. Elles illustrent la difficulté du RDPC à contenir les ambitions personnelles à un an d’un scrutin décisif. La bataille pour les investitures ne fait que commencer.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *