La question agite désormais les cercles politiques camerounais. Le MRC pourra-t-il présenter ses propres candidats aux prochaines législatives et municipales ? Rien n’est moins sûr.
Le Ministère de l’Administration Territoriale (MINAT) a récemment refusé de prendre acte des travaux de la convention du MRC. Cette décision fragilise la position de Maurice Kamto à la tête du parti. Les dissensions internes, déjà vives, pourraient compromettre la participation du mouvement aux échéances de 2026.
Pourtant, le camp Kamto ne semble pas disposé à rester les bras croisés. Après le boycott des scrutins de 2020, la détermination est cette fois palpable. L’objectif est clair : conquérir des sièges de députés et des mairies. Une chose est sûre, Maurice Kamto veut peser dans les institutions.
Et si la clé se trouvait chez Jean-Michel Nintcheu ?
Une alliance déjà scellée
L’hypothèse d’une investiture de candidats du MRC sous la bannière du FCC n’a rien d’utopique. Les deux hommes entretiennent des liens politiques solides. Jean-Michel Nintcheu, président du Front pour le changement du Cameroun (FCC), soutient ouvertement Maurice Kamto depuis plusieurs années.
En décembre 2023, c’est Nintcheu lui-même qui avait lancé l’idée d’une « mutualisation des forces de l’opposition » autour de la candidature de Kamto. Une alliance stratégique, l’Alliance pour le changement (APC), avait même vu le jour. Aujourd’hui, le FCC se prépare activement pour les élections de 2027.
Une stratégie de repli crédible
Politiquement, le scénario d’un repli vers le FCC est tout à fait envisageable. Pour Maurice Kamto, l’enjeu dépasse désormais la simple gouvernance interne du MRC. Ce qui compte, c’est le contrôle des bulletins de vote et l’accès aux institutions.
Si le MRC se retrouve empêché de concourir sous sa propre bannière, une « dérivée » pourrait entrer dans la bataille par une autre porte. Le FCC, dirigé par un allié de longue date, offre une solution de repli crédible. D’autant que Nintcheu appelle régulièrement à l’unité de l’opposition.
Une bataille pour les sièges
La bataille du MRC change donc de nature. Elle ne se limite plus à la présidence du parti. Elle devient une lutte pour les députés et les mairies. Les tensions internes, si elles ne sont pas maîtrisées, pourraient servir de levier pour invalider les investitures du MRC. Une éventualité que le camp Kamto semble vouloir anticiper.
L’alliance avec le FCC apparaît comme le plan B le plus crédible. Reste à savoir si les militants du MRC suivront ce mouvement. Une chose est certaine : la stratégie électorale de Maurice Kamto pourrait bien passer par Jean-Michel Nintcheu.