Ce matin, 20 septembre 2026, à Vebahrong, Kumbo. Un corps gît au bord de la route. Pas de nom. Pas d’histoire. Selon des témoins, il aurait été abattu dans la nuit. Personne ne sait qui a tiré. Personne ne cherche vraiment à savoir.
En effet, le constat est glaçant. La victime n’a pas encore été identifiée. Aucune autorité ne s’est manifestée. Aucune enquête n’a été ouverte à ce stade. Le corps est resté là, exposé aux regards, comme tant d’autres avant lui.
Quand la mort devient une habitude
Pourtant, ce qui frappe le plus, ce n’est pas le crime. C’est le silence qui l’entoure.
Avant, un cadavre faisait trembler tout un quartier. Les habitants se rassemblaient. Les familles pleuraient. Les autorités réagissaient. Aujourd’hui, on passe. On filme. On murmure « encore un ». Et on continue sa route.
Autrement dit, la mort est devenue banale. Dans les zones de crise au Cameroun, surtout dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, voir un corps sans vie n’émeut plus. C’est le vrai drame.
Kumbo, Bamenda, demain où ?
Hier, c’était Bamenda. Aujourd’hui, c’est Kumbo. Demain, ce sera peut-être ailleurs. Le cycle semble sans fin.
Depuis des années, cette crise dévore des vies. Elle n’a produit que des veuves, des orphelins et des tombes anonymes. On meurt pour quoi ? Pour qui ? Les familles attendent encore des réponses.
En outre, ce corps à Vebahrong pourrait être n’importe qui. Un père. Un frère. Un fils de Nso parti hier et jamais revenu. Cette incertitude ronge des communautés entières.
L’humanité s’efface
Cependant, un détail inquiète encore plus. Si un cadavre ne provoque plus ni peur ni colère, qu’est-ce qui reste ?
L’indifférence s’installe. Elle remplace la compassion. Elle étouffe la solidarité. Et elle transforme des quartiers entiers en témoins muets d’une tragédie quotidienne.
Par conséquent, la question n’est plus seulement sécuritaire. Elle est humaine. Une société qui compte ses morts sans pleurer a perdu quelque chose d’essentiel.
Jusqu’à quand ?
Le sang a trop coulé à NoSo. Les familles ont trop enterré. Les mères ont trop attendu.
Il est temps que NoSo se lève. Pas pour prendre les armes. Mais pour dire stop. Pour réclamer la paix. Pour refuser que les enfants grandissent en voyant des cadavres comme une normalité.
Que l’âme de ce disparu repose en paix. Et que NoSo retrouve la sienne.