L’épreuve de force. La grande grève promise par les syndicats (hormis la CFDT) et la plupart des organisations de la jeunesse contre la réforme des retraites du gouvernement débute ce jeudi 5 décembre. Les transports publics et les administrations devraient tourner au ralenti, voire pour certains d’entre eux se retrouver à l’arrêt. La mobilisation, annoncée depuis plus de deux mois et renforcée par une communication confuse (et parfois agressive) de l’exécutif, risque d’être massive.
À la SNCF, la direction estime être en mesure de ne pouvoir faire circuler que 10 % des trains, soit autant que lors du conflit de 1995 et trois fois moins qu’en 2018, au moment de la réforme du statut de l’entreprise ferroviaire. Preuve de la force de la mobilisation, le trafic sera considérablement réduit au départ de la gare Saint-Lazare, à Paris. Par exemple, sur la ligne L, de Saint-Nom-la-Bretèche vers Saint-Lazare, un train par heure circulera à partir de 9h15.
À la RATP, les syndicats promettent une journée aussi noire que le 13 septembre dernier: seules les lignes 1 et 14, automatisées, rouleront normalement, la 4 et la 7 de façon plus erratique.
Dans l’Éducation nationale, les premières remontées des organisations syndicales font état de près de 70 % des enseignants en grève dans le primaire et de 40 % d’écoles fermées, parfois sans service d’accueil organisé par les communes.
«Un jour de grève, on sait gérer…»
Mais le mouvement ne se limitera pas aux seuls transports et services publics. Le conflit aura aussi une incidence sur les entreprises, ne serait-ce qu’en empêchant les salariés de se rendre sur leur lieu de travail. «Un jour de grève, on sait gérer, prévient le PDG d’une entreprise d’intérim qui anticipe ne pas pouvoir assurer un tiers de ses missions, au mieux. Le problème, c’est quand ça dure.» Or, le mouvement est reconductible de jour en jour dans les transports et tout le monde a en ligne de mire le lundi 9 au matin lorsque les salariés, qui ont pu prendre leurs dispositions les deux premiers jours du conflit, vont devoir retourner travailler.