LE MINEE REÇOIT GESCOD ET LE SYNDICAT DES EAUX ET DE L’ASSAINISSEMENT ALSACE-MOSELLE.
L’heure des comptes pour la gestion décentralisée de l’eau
Le Ministre de l’Eau et de l’Énergie a reçu une délégation internationale clé ce 19 octobre 2026 à Yaoundé. Gaston Eloundou Essomba s’est entretenu avec les représentants de Gescod et du Syndicat des Eaux et de l’Assainissement Alsace-Moselle (SDEA).
Au cœur des échanges figure le bilan critique de la gestion intercommunale de l’eau potable au Cameroun. Les parties prenantes visent à évaluer la viabilité réelle des infrastructures actuelles. Elles cherchent également à définir des conditions strictes pour la continuité du service public.
Acteurs clés présents à l’audience :
SDEA : Denis Schultz (Vice-président) et Gérard Schann (Président de la commission Coopération décentralisée). Gescod : Lola Henry (Chargée de mission Cameroun/Ficol Maroc), Philippe Naegel (Responsable d’antenne Cameroun) et Willy-Brice Tchegho Wateu (Chef de projet Service public intercommunal de l’eau). Experts indépendants : Corinne Lajarge (CIEDEL) et Jean-Claude Kayos Njitapawou.
Un modèle expérimental face au mur de la pérennité
Gescod opère au Cameroun depuis 1987, autrefois sous le nom d’IRCOD Alsace. L’organisation appuie les collectivités locales dans le Mbam-et-Inoubou et la Lékié. Son action repose sur la mutualisation des moyens techniques et financiers entre communes rurales.
Toutefois, l’audit des installations met en lumière des vulnérabilités structurelles majeures. Les pannes répétées et le manque de pièces de rechange paralysent régulièrement les réseaux. De plus, la faible capacité contributive des ménages fragilise le modèle économique global.
Consolider les acquis et garantir la continuité du service
L’exploitation quotidienne exige des ressources financières stables et un suivi rigoureux. Les municipalités peinent encore à assumer les coûts élevés de maintenance des équipements hydro-électriques. La formation des techniciens locaux demeure incomplète face aux exigences opérationnelles.
Face à ces blocages, les partenaires préconisent une réorganisation financière en profondeur. Il devient urgent de créer des fonds de roulement locaux autonomes. Par ailleurs, la pérennisation des ouvrages nécessite un transfert effectif de compétences vers les communautés.
[ Mutualisation des Moyens ]
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[ Viabilité Financière Locale ]
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[ Maintenance & Continuité du Service ]
Renforcer la collaboration institutionnelle et l’appropriation locale
Ce modèle de gestion décentralisée cherche désormais un cadre réglementaire national formel. Une synergie étroite s’impose entre le MINEE et le Ministère de la Décentralisation et du Développement local (MINDDEVEL). L’institutionnalisation de la démarche permettra de sécuriser les financements publics.
En parallèle, l’implication directe des usagers conditionne la protection des ouvrages contre le vandalisme. La transparence tarifaire favorisera un meilleur recouvrement des redevances d’eau. La pérennité de l’accès à l’eau potable au Cameroun dépendra directement de cet ancrage communautaire.
Enjeux majeurs de la gestion intercommunale
| Axe stratégique | Situation actuelle | Objectif de réorganisation |
| Financement | Dépendance aux subventions extérieures | Autonomie par redevances locales adaptées |
| Maintenance | Interventions tardives en cas de panne | Équipes techniques intercommunales permanentes |
| Cadre légal | Expérimentations locales dispersées | Ancrage national MINEE / MINDDEVEL |
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